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Analyse
Amiens, entre solidité et défaillance à la relance
La Page des Sports - Le 7 août 2007

En délicatesse pour conserver le ballon une fois récupéré hier soir sur leur pelouse, les Amiénois doivent se contenter du match nul contre Troyes (0-0). Ils ont livré une prestation sérieuse qui aurait pu mieux payer s’ils avaient soigné leur relance, la prestation d’ensemble étant déjà très solide.


La feuille de match

Amiens - Troyes : 0-0
Arbitre : M. Gautier

Avertissements : Chabbert (47e), Raynier (53e), Buron (65e), Levrat (86e) à Amiens ; Danic (75e), Obbadi (85e) à Troyes.

Amiens : Chabbert, Lahaye, Sami, Vairelles, Boche, Buron, Traoré (Fayolle 68e), Levrat, Giresse, Heitzmann (Buengo 82e), Raynier (Begeorgi 61e). Entr. : Ludovic Batelli

Troyes : Merville, Marester, Sanz, Faye, Enza, Obbadi (Amzine 89e), Noro, Sarr, Danic, Bettiol (Bangoura 62e), Kebe (Lafourcade 72e) Entr. : Denis Troch

Au moins Ludovic Batteli n’a plus de doute à se faire quant au niveau physique de ses joueurs. Après seulement deux journées de championnat, ils sont déjà bien affûtés. La lourde préparation physique et l’abnégation mis au travail tout au long de la période de préparation semblent donc porter leurs fruits. Mais si les Amiénois sont généreux dans l’effort, n’hésitant pas à faire les courses nécessaires ou à se sacrifier "pour aider le copain", comme le souligne le nouveau portier picard Sébastien Chabbert, une fois la balle récupérée, elle est souvent perdue rapidement.

Solidité défensive

Compte-tenu de l’intensité physique de la rencontre d’hier soir qui opposait Amiens à Troyes (0-0) au Stade de la Licorne, il est difficile de faire des reproches aux joueurs de Ludovic Batteli. Intraitable derrière, Sébastien Chabbert qui débarque de Lens semble s’être parfaitement acclimaté à sa nouvelle équipe. Très rassurant sur sa ligne, adroit à la relance, il s’est même offert le luxe de repousser un penalty de Yahia Kébé qu’il avait lui-même provoqué. Impeccable sur sa ligne, l’ancien portier des Sang et Or peut compter sur une défense solide, aux interventions déjà aguerries. Amiens ne devrait pas prendre beaucoup de buts cette année, surtout en provenance du côté gauche où Aurélien Boche et David Vairelles semblent imperturbables.

À l’aise pour récupérer le ballon et annihiler les attaques adverses, la défense amiénoise est en revanche bien moins adroite à la relance. Hier soir, face à une formation troyenne bien en place et aux individualités douées d’un physique et d’une technique supérieurs à la norme de la Ligue 2, les défenseurs picards ont souvent relancé par de longs ballons. Aussitôt récupérés, presque aussitôt perdus. Preuve en est que le départ pour Nantes du capitaine David de Freitas, le chef d’orchestre amiénois la saison passée, n’est pas encore digéré. Assez logiquement, si la pression s’est faite constante sur le porteur du ballon côté picard, les joueurs de Ludovic Batteli se sont rendus beaucoup moins disponibles dans la construction du jeu. Illustration des difficultés amiénoises à la relance, à la demi-heure de jeu, le défenseur central Joël Sami, libre de tout pressing immédiat, dégage directement dans l’axe sur un Troyen qui ne saura profiter de l’aubaine. À constamment se battre pour récupérer la balle, il semblait hier soir bien difficile de garder de l’énergie pour attaquer et lancer les bons appels.

Buron l’électron libre

Le seul à avoir tenu le choc de cette bataille endurante du côté d’Amiens, aussi bien derrière que devant, se trouve sur le flanc droit en la personne d’Antoine Buron. Présent dès qu’il s’agit de se replier, comme lorsqu’il faut faire les appels pour proposer des solutions à la relance, il n’a pas cessé de poser des problèmes aux Troyens. C’est lui par exemple qui réussit un joli travail le long de la ligne de sortie de but avant de centrer en retrait pour Sébastien Heitzmann, qui envoie le ballon dans les mains de Cyrille Merville (34e). Ses appels incessants et ses sprints pour se replacer ont eu raison de sa lucidité sur la fin de la rencontre. À cinq minutes du temps règlementaire, grâce à un énième effort, il prend une position de tir peu évidente alors que Thibault Giresse est seul au point de penalty.

Trop longtemps les Picards ont joué statiques une fois la balle dans leurs pieds. L’autre électron libre amiénois, Thibault Giresse a fait preuve de plus d’irrégularité dans le rendu de sa copie côté gauche. Animateur de choix par moment, invisible à d’autres, son manque de rendement offensif par rapport à d’habitude s’explique lui aussi par une bataille constante pour la récupération du ballon. L’entrée de Bertrand Fayolle à un quart d’heure de la fin a beaucoup apporté à l’entrejeu picard, le natif de Saint-Étienne se rendant immédiatement disponible dès lors que ses partenaires avaient récupéré le ballon. La clé du succès pour Amiens se situe certainement à ce niveau, car pour le reste, c’est déjà bien costaud.

Maxence Gorréguès

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