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On leur prédisait l’enfer à ces Gunners. Un peu le même cauchemar que celui qu’aurait dû provoquer le départ de Patrick Vieira du côté de la Juventus de Turin à l’orée de la saison 2005-06. Avec 214 buts (toutes compétitions confondues) inscrits en huit saisons à Arsenal, inutile de rappeler toute l’importance qu’a eu Thierry Henry dans le bon rendement des Londoniens ces dernières années. Une "Henry dépendance" encore plus stigmatisée lors du dernier exercice, qui avait vu les Gunners s’arracher pour accrocher la quatrième place en championnat, synonyme de tour préliminaire de la Ligue des champions, le tout sans leur buteur attitré, mis au repos forcé durant six mois après des blessures contractées à l’aine et aux abdominaux.
Mais l’enfer ne s’est pas vraiment abattu sur l’Emirates Stadium. Mieux que cela, il semble qu’un véritable été indien se soit installé au-dessus de la nouvelle enceinte d’Arsenal. Leader de Premier League avec treize points mais un match de plus que Liverpool, Manchester et Chelsea, la formation d’Arsène Wenger impressionne. Les jeunes d’hier semblent arrivés à maturité. Et quelle maturité ! L’ancien pensionnaire du centre de formation de l’AS Cannes, Gaël Clichy, autrefois doublure d’Ashley Cole, s’est enraciné sur le flanc gauche de la défense des Gunners. Quant à Francesc Fabregas, "piqué " au Barça à l’âge de 16 ans, ce dernier ne cesse d’éclabousser la Premier League de son insolence balle au pied. Lui qui voue une admiration sans borne à Patrick Vieira, son modèle lors de son arrivée à Londres, a depuis réussi à faire oublier, en partie, l’ancien capitaine d’Arsenal, au point de devenir le véritable dépositaire du jeu londonien. Le tout à coup de tacles généreux, de passes lumineuses et de buts décisifs. La panoplie complète du taulier en somme.
Petits Gunners déjà bien grands
Car c’est bien là le grand motif de satisfaction qu’Arsène Wenger peut nourrir aujourd’hui en voyant son équipe évoluer. Ses "minots" n’ont fait qu’une bouchée du FC Séville lors de la première journée de la Ligue des champions (3-0). Un grand coup face au double tenant de la Coupe de l’UEFA qui en appelle d’autres, qui en évoquent d’autres, à l’image de ce que les Canonniers londoniens avaient réalisé lors de l’exercice 2005/06 en écartant le Real Madrid, la Juve et Villarreal de leur sillage, avant de s’effondrer en finale devant le Barça…
À l’époque, Thierry Henry défendait le camp anglais. Une autre époque, un autre temps. La politique mise en place par Arsène Wenger fait donc encore effet. Le technicien alsacien, toujours soucieux de régénérer son effectif, a finalement eu raison de ne pas faire une montagne de la perte d’un autre chouchou des fans des Gunners. Par ses buts, Thierry Henry était devenu le principal baromètre de la formation londonienne. Et aussi, une entrave à l’épanouissement des pépites internes du club, complètement ombragées par l’aura de l’international tricolore.
L’ombre imposante d’Henry
Henry parti, Emmanuel Adebayor, pourtant au club depuis deux ans, se découvre une seconde jeunesse et affiche de nouveau l’éclatante fraîcheur que ses passages à Metz et à Monaco avaient autrefois démontrée. Auteur de trois buts en autant de rencontres en championnat, il est avec Francesc Fabregas le meilleur buteur du club. L’international togolais n’est pourtant pas le seul à s’épanouir loin de l’ombre imposante d’Henry et, finalement, à profiter du départ de l’ancienne icône des Gunners.
Désormais, avec Eduardo Da Silva, le jeune et prometteur Nicklas Bendtner et surtout le virevoltant Robin van Persie, Arsenal dispose d’une force de frappe plus conséquente, car plus variée et non plus seulement dépendante d’un seul homme. "Avec Thierry (Henry) on savait qu’il marquerait au moins 30 buts dans la saison. Maintenant qu’il n’est plus là, nous n’avons personne qui marquera de manière certaine autant. Nous devons mettre tout notre cœur à la tâche et faire de notre mieux. Désormais, chacun de nous connaît ses responsabilités", confie d’ailleurs Emmanuel Adebayor sur le site officiel du club.
Sans stars au nom ronflant comme cela peut être le cas chez les principaux clubs rivaux, mais avec de grands noms en devenir, Arsenal, parti semblait-il pour une année de transition, affiche un culot et une force de caractère particulièrement impressionnants, le caractère étant l’une des principales qualités de la jeunesse. Même si son potentiel, à ce stade de la saison, est difficile à cerner, tous les espoirs sont donc permis pour la troupe d’Arsène Wenger. Ce ne sont ni Tottenham, maîtrisé lors du derby londonien (1-3) et Manchester City, leader éphémère en championnat (1-0) qui trouveront quelque chose à y redire…Derby County, prochain visiteur de l’Emirates Stadium, est prévenu.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |