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Asafa Powell, un champion sans titre
Alors qu’il n’était pas encore descendu sous les 9"90 cette saison, Asafa Powell a frappé très fort ce week-end au meeting de Rieti. Dès les séries il a réalisé 9"74 et donc pulvérisé son propre record du monde (9"77). Un peu plus tard en finale, le Jamaïcain remportera le meeting dans l’excellent temps de 9"78. Une régularité impressionnante et surtout étonnante au vu de sa prestation aux récents Mondiaux d’Osaka. Troisième en 9"96, Powell n’a pas répondu présent dans le duel tant attendu qui l’opposait à l’Américain Tyson Gay, vainqueur en 9"85. En réalisant le record du monde une semaine seulement après les Mondiaux, Powell a montré qu’il avait les moyens de l’emporter à Osaka.
Pour Pierre-Jean Vazel, l’entraineur du recordman de France, Ronald Pognon (9"99), Powell n’était pas bien préparé aux championnats du monde. "Il aurait dû faire cette course à Osaka mais il revenait de blessure et manquait de compétitions. Il n’était pas en place et le fait d’enchaîner des courses au Japon (100m et relais 4x100m) lui a permis d’être bien dans sa tête et de retrouver le rythme ce week-end." Mais ces résultats prouvent aussi que le Caribéen a du mal à s’exprimer dans les grands rendez-vous. Car malgré ses deux records du monde battus en deux ans, et hormis un titre au Jeux du Commonwealth, Asafa Powell n’a toujours pas décroché l’or dans un grand championnat.
Un athlète "friable"
Comme l’explique Pierre-Jean Vazel "Powell est friable à la lutte. Il court moins vite quand il est au coude à coude." Car le Jamaïcain manque souvent de sang froid dans les grandes courses. En 2004, Pour ses premier Jeux Olympiques à Athènes, tout le monde l’attendait pour créer la surprise en finale du 100m. Mais sans doute par manque d’expérience, Powell va se crisper et finir à la cinquième place en 9"94. En 2005, sur la même piste d’Athènes, il va s’offrir son premier record du monde (9"77), mais sans concurrent de poids. Pour les championnats du monde d’Helsinki la même année, il va se blesser et déclarer forfait.
L’année suivante, en 2006, le Jamaïcain va réaliser sa meilleur saison. Vainqueur des Jeux du Commonwealth à Melbourne en Mai, Powell restera invaincu dans tous les meetings de Golden League et empochera le Jackpot en fin de saison. La même année il va égaler deux fois son record du monde à Gateshead en juin, puis à Zurich en août. Des performances qui vont pousser la fédération internationale (IAAF) à le désigner athlète de l’année 2006. Mais aujourd’hui, après son échec aux championnats du monde, le Jamaïcain à confirmé qu’il ne supportait pas la concurrence. Pourtant il devra l’affronter pour confirmer son statut d’homme le plus rapide du monde
Une revanche attendue
Ce week-end à Rieti, l’imposant Jamaïcain (1,88m, 87 kg) n’a jamais été inquiété par ses adversaires. En série, derrière Powell, le Norvégien Jaysuma Saidy N’Dure a fini en 10"07 soit plus de trois dixièmes d’écart. Mais Powell aura très vite l’occasion de se frotter à de meilleurs adversaires. Après sa course, il s’est montré confiant pour la suite. "J’ai fait des erreurs par le passé mais je suis de retour […] J’espère un jour descendre en dessous des 9"70." Malgré son nouveau record, Asafa Powell ne s’est pas pour autant offert une véritable revanche face à Tyson Gay. Le prochain duel entre les deux stars du sprint mondial pourrait avoir lieu dès vendredi à Bruxelles en Golden League. Le directeur du meeting Wilfried Meert, s’est dit prêt à consentir à des efforts financiers pour les attirer sur 100m.
Dans tous les cas, il sera difficile pour le Jamaïcain de faire mieux cette saison, d’autant qu’il a bénéficié de conditions exceptionnelles dimanche en Italie. En plus d’une piste réputée très rapide, il a profité d’une météo clémente. Pour Pierre-Jean Vazel, seuls des conditions optimales pourraient permettre d’améliorer ce record. "Physiquement et techniquement, Powell est très affuté mais je ne crois pas qu’il fera mieux cette saison car ce sera difficile de retrouver un environnement aussi bon." Les dernières compétitions devraient quand même offrir du spectacle en ce mois de septembre. Il reste encore deux meetings de Golden League (le 14 à Bruxelles et le 16 à Berlin), avant la finale du Grand Prix IAAF, le 22 et 23 à Stuttgart.
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