vendredi 16 mai 2008




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Football - Saint-Étienne
Interview
Bafetimbi Gomis - "Je n’ai pas besoin de challenge"
La Page des Sports - Le 7 mars 2008

Auteur de cinq buts lors de ses sept dernières apparitions, Bafetimbi Gomis est en forme. Et les Verts en ont profité pour remonter au classement. Le jeune attaquant de l’AS Saint-Étienne, qui sera suspendu dimanche soir face à l’Olympique de Marseille au Stade Vélodrome, revient sur les éléments qui ont remis de redresser la situation. Comme à son habitude, il n’y va pas par quatre chemins.


Depuis quelques matchs, Saint-Étienne semble avoir trouvé un certain équilibre. Quels sont les éléments qui ont permis à l’ASSE de faire preuve de plus de constance ces derniers temps ?
On est comme plus hargneux depuis quelques matchs. À Caen, on s’est déplacé avec beaucoup d’envie, beaucoup d’agressivité dans le bon sens du terme. On l’a vu sur les premières occasions du match, on a prouvé qu’on ne se déplace pas pour rigoler. En face, il y avait une bonne équipe de Caen, il ne faut pas l’oublier. On est réaliste devant aussi, ce qui nous permet de jouer plus libérés. On oblige alors nos adversaires à sortir, et à laisser des espaces.

Est-ce la perspective d’une qualification en coupe d’Europe qui remotivé le groupe ?
Ne parlons pas trop vite. On vient de sortir d’une situation très dure. Il faut prendre les matchs les uns après les autres et tout donner pour tous les gagner. Y compris à l’extérieur.

L’ambiance un peu particulière autour du club cet hiver, l’impression que les joueurs avaient que la presse les "descendait"… est-ce que le groupe s’est servi de tout ça pour se relancer ?
Pas nous descendre. Il ne faut pas oublier qu’on n’était pas bon à un moment. Si on était à cette place, c’est qu’il y avait une raison. Il faut se regarder droit dans les yeux et se dire que les choses n’allaient pas. On en a beaucoup discuté. On a eu des accrocs à l’entraînement. On a changé cette mentalité. On se mettait des coups. Il y a eu quelques tensions entre nous. Mais bon. On a montré qu’on avait du caractère et ça se voit aujourd’hui sur le terrain. Chacun défend son bifteck. Chacun est prêt à donner sa maman.

"Ça va être pénible"

Vous sentez-vous sorti de la zone rouge ?
La victoire a Caen nous a redonné une bonne bouffée d’oxygène parce qu’il s’agissait d’une victoire à l’extérieur. Maintenant, ça reste à confirmer. Il reste 11 matchs avant la fin. C’est encore long. Et ça va être pénible. On est éloigné sans être éloigné. Il y a trois matchs, on était encore très près. Là on a un peu de distance. Mais il reste une trentaine de points à prendre pour tout le monde et il peut encore se passer bien des choses.

Après le match contre Caen, Laurent Roussey, votre entraîneur, expliquait que vous étiez rentré dans un challenge interne lors des cinq matchs à venir. De quoi s’agit-il ?
Je ne pense pas que ce soit à moi d’en parler. Mais on s’est fixé des objectifs pour nous, pour notre fierté. Moi je ne joue pas au ballon pour perdre. Je suis un très gros râleur. Il y a des gens qui font tout dans le club et autour du club pour qu’on gagne. La moindre des choses, c’est de se battre pour eux. Ceci dit, moi, je n’ai pas besoin de challenge pour avoir cette envie de gagner.

"Tout est plus calme. C’est plus facile pour travailler"

Sur le plan personnel vous semblez retrouver le sourire après une période difficile…
Tant que je peux marquer, je serais très content. Mais ça me fait surtout plaisir de voir l’équipe aller mieux. Dans le jeu, mais aussi autour du terrain. Tout est plus calme. C’est plus facile pour travailler.

À domicile ou à l’extérieur, est-ce que les consignes du coach vous concernant sont les mêmes ?
Il donne ses consignes. Mais bon, après, ce n’est pas lui qui nous a appris à jouer. Chacun sait ce qu’il doit faire. On est des professionnels avant tout. Aujourd’hui, on voit tout le monde se replacer à la perte du ballon. Ça dénote un bon état d’esprit de l’ensemble du groupe et une bonne rigueur. Après c’est aussi le résultat du travail quotidien, appui, soutien… On ne va pas refaire le football, mais on bosse beaucoup dessus et je suis très content de le retrouver en match.

Mais sur le but que vous mettez à Caen par exemple, il faut avoir un capital confiance à son maximum pour aller au bout de votre chevauchée. Qui vous pousse à un tel exploit : vos partenaires, votre coach ou vous-même ?
C’est vrai que j’avais plusieurs solutions Mais j’étais très frustré d’avoir pris ce carton jaune après une faute sur Benjamin Nivet. C’est vrai qu’il a saigné un peu, mais je n’avais pas l’intention de le blesser et mon coup de coude était involontaire. Ça me pénalise, puisque je vais louper un match. C’est vrai que j’étais très remonté. J’ai donc voulu enfoncer cette équipe de Caen. Ça m’a fait mal de le voir aller se plaindre à l’arbitre, comme si j’avais fait exprès. Et puis, un attaquant qui ne tente pas des trucs, ce n’est pas un attaquant.

Maxence Gorréguès

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