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Barcella le pilier du futur
Il est le cadet de la sélection tricolore. Pourtant, Lionel Beauxis joue déjà le deuxième Mondial de sa carrière… en deux ans. Élu meilleur joueur de la Coupe du monde des moins de 21 ans, il avait été l’un des principaux artisans de la victoire tricolore en France. Transféré dans les semaines qui ont suivi au Stade Français, il n’a pas connu la saison qu’il espérait. Mais il a su faire ses preuves dès lors qu’on lui donnait sa chance, installant une saine concurrence avec David Skrela, titulaire à l’ouverture parisienne. Car c’est là la grande qualité de Lionel Beauxis : la régularité. Quel que soit l’enjeu de la rencontre, la pression qui peut régner autour de lui, il reste imperturbable. Un atout majeur pour un buteur, certainement celui qui a en partie convaincu Bernard Laporte de l’intégrer dans son groupe des 30 alors qu’il ne comptait que cinq sélections dont une seule, face à l’Écosse, en tant que titulaire.
Un puissant métronome
Son manque de temps de jeu en club en fin de saison dernière aurait pu lui être fatal. Il ne l’a pas desservi, le staff de l’équipe de France étant conscient de l’avantage de disposer d’un joueur avec son jeu au pied dans l’effectif. Buteur métronome, quasiment aussi habile des deux pieds et capable de marquer de très loin (ndlr : il a établi son record à 65 mètres des perches) grâce à sa puissance, il offre à son équipe la possibilité, voire l’assurance, de scorer quel que soit l’endroit où est placé le ballon.
Une sûreté qui s’ajoute à ses capacités globales d’orienter le jeu au pied. Sa force et sa précision lui permettent de jouer long et donc de faire avancer son équipe ou bien de se dégager avec efficacité. C’est ce qui a séduit Bernard Laporte et Jo Maso qui, avec Damien Traille, disposent de deux joueurs qui peuvent faire la différence grâce à leur botte. Si face à la Géorgie Lionel Beauxis n’a pas eu à démontrer sa science du dégagement plus que de raison, il a saisi l’occasion de montrer tout son talent dans le jeu d’occupation, repoussant systématiquement ses adversaires dans leur moitié de terrain.
L’avenir de l’équipe de France ?
De là à le pousser parmi les titulaires probables pour l’avenir, même immédiat, il y a cependant un pas. "Chaque fois qu’on l’a utilisé, on a été très satisfaits de lui. Il se positionne comme candidat plus que potentiel" estime Bernard Viviès, entraîneur des lignes arrières tricolores. Candidat, il devrait l’être dans les rencontres où l’équipe de France ne cherche pas à mettre beaucoup de volume à son jeu, mais privilégie davantage l’occupation territoriale, la défense et l’usure de son adversaire en l’obligeant à partir de loin.
Car en face de lui se présentent deux concurrents sérieux au poste d’ouvreur. Deux concurrents dont il ne possède pas encore toutes les qualités : David Skrela, défenseur et plaqueur hors-pair et Frédéric Michalak, habile lorsqu’il s’agit d’imprimer à lui seul le rythme d’une rencontre et surtout capable d’éclairs de génie. Même si le premier peine à trouver de la régularité dans les gros matchs à enjeu et le second oscille toujours entre l’excellence et la maladresse, ils ont une longueur d’avance sur leur jeune compatriote. Le présent n’est donc peut-être pas encore pour Lionel Beauxis mais le futur s’ouvre à lui.
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