lundi 6 octobre 2008




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Rugby - Biarritz
Finale du Top 14
Biarritz en forme olympique
La Page des Sports - Le 11 juin 2006

Dans une ambiance toujours aussi exceptionnelle au Stade de France - mais cette fois sans les pom-pom girls, supporters biarrots et toulousains ont offert un spectacle d’une sportivité exemplaire. A l’instar de Toulouse et surtout de Biarritz qui a écrasé son adversaire (40-13) pour remporter son deuxième titre de champion de France d’affilée.


De notre envoyée spéciale au stade de France - On le dit et on le répète. On l’assène, on le crie au et fort : les amateurs de rugby ne sont pas comme les autres. La comparaison est éculée et particulièrement facile mais il faut dire que les supporters se donnent du mal pour conserver cette réputation. A l’image de Biarrots et Toulousains qui se retrouvaient samedi après-midi au stade de France pour partager la fête de la finale du Top 14. Et quand le sud-ouest monte vers la Capitale, même le métro parisien et ses passagers, réputés pour leur mauvaise humeur, se préparent à la fête qui se profile. Arrivé aux alentours du Stade de France, les bodegas sont de sortie, la bière coule à flot. Pas d’agressivité pour autant, on trinque ensemble, on se croise, on se chambre avant de colorer peu à peu les tribunes du stade. Habitué aux shows concoctés par Max Guazzini, l’antre dyonisien résonne de rythmes moins endiablés mais d’une ambiance tout aussi festive.

Une finale bloquée

A l’entrée des deux équipes, les encouragements se font encore plus fournis et les joueurs ne tardent pas à prouver aux leurs qu’ils les méritent. A peine trente secondes de jeu et voilà Dimitri Yachvili qui prend son élan pour marquer les trois premiers points de son équipe sur une pénalité (1e). Les supporters toulousains ne sont pas en reste puisque six minutes plus tard, c’est au tour de Michalak de se distinguer sur un drop couronnant de succès la première incursion dangereuse des Rouges et Noirs dans le camp adverse (7e). La ola balbutie à l’image de ce même Michalak qui rate l’occasion de faire passer les siens en tête (13e) et de Yachvili aussi peu à la fête. La faute peut-être à un public toulousain étonnamment peu fair-play et qui a sifflé copieusement l’international français ?

Seule anicroche de la partie, ces sifflets rassurent tout de même le supporter de foot : les amateurs de rugby sont humains et tombent parfois dans les mêmes travers qu’eux… Mais l’égarement n’est que de courte durée et une nouvelle pénalité de Yachvili (21e) ne suffit pas à les rendre muets. D’autant que leurs joueurs préférés reviennent au score une nouvelle fois par Jean-Baptiste Elissalde (32e). Le score grimpe mais les essais tardent à venir et les points continuent à n’être que le fait des buteurs, Yachvili se chargeant de donner trois points d’avance aux champions de France avant le retour aux vestiaires (33e). Un retour qui se fait d’ailleurs sous les sifflets des supporters toulousains qui jugent la prestation de leurs joueurs bien loin de ce qu’ils sont capables de produire habituellement.

Biarritz intraitable

On peut penser le jugement sévère il n’en est pas moins juste au vu de la deuxième mi-temps des anciens champions d’Europe. Manquant de rythme, incroyablement passifs sur certaines actions, ils commettent beaucoup trop de fautes pour inquiéter des lignes biarrotes parfaitement en place. Et le châtiment ne tarde pas à venir. Gobelet profite du travail de Traille dans les 22 mètres adverses pour faire parler la puissance et aplatir entre les poteaux (47e). La machine rouge et blanche est lancée, elle ne s’arrêtera plus. Bobo n’a ainsi pas de mal à récupérer une passe en profondeur de Brusque qui avait lui-même récupéré une chandelle de Michalak (49e) et à mettre les Toulousains à l’amende (23-6). Le BO récupère tous les ballons à l’instar de Traille qui perce la défense toulousaine et marque entre les barres (58e).

Les rouges et Noirs tentent bien de réagir en jouant plus vite et plus fort mais ils ne vont pas beaucoup plus haut et l’essai de Lambolley (63e) ne sera qu’un sursaut d’orgueil. Car la finale est biarrote, c’est son capitaine Benoît August que l’affirme et le fait savoir en inscrivant le quatrième essai (68e). La messe est dite mais Harinordoquy tient à participer à la fête et profite d’une mauvaise passe toulousaine pour aplatir en bout de ligne (75e). 40 à 13, le score est lourd, mais la fête est belle. Et si d’un côté du stade de France on entonne les chants basques de l’autre, il n’est pas question de filer à l’anglaise et de bouder les vainqueurs. Bien au contraire, les Toulousains acclament les Biarrots au passage du bouclier de Brennus. Ca doit être ça qu’on appelle la sportivité...

Marie Ange Kostoff

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