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Bilan à mi-championnat
Bordeaux vire au Blanc
La Page des Sports - Le 26 décembre 2007

Troisièmes du championnat à l’issue de la phase aller et aisément sortis de leur poule en Coupe de l’UEFA, les Girondins ont réussi une première partie de saison plus que correcte. Laurent Blanc, leur entraîneur, a su imposer son style, et parvient pour l’instant à allier spectacle et résultat.


Les Girondins ont terminé la phase aller du championnat comme il l’avait commencée : par une victoire sur le score de 1-0. De Lens à Sochaux, les Marine et Blanc se sont progressivement affirmés comme l’un des principaux outsiders pour les premières places, voire pour titiller quelque peu l’ogre lyonnais, qui dispose toutefois d’un confortable matelas de six points d’avance sur les Bordelais, actuels troisièmes au classement. Une place qu’ils ne doivent qu’à eux-mêmes, et non pas aux mauvais parcours des autres prétendus cadors de la Ligue 1 (Paris, Marseille, Lens) comme certaines mauvaises langues peuvent le dire. Ce podium, les Girondins le doivent également à leur entraîneur, Laurent Blanc, qui a su faire passer son discours, sans vraiment l’imposer de force. Et pour une première expérience sur un banc, ce n’était pas une mince affaire.

Débuts délicats pour Blanc

Pourtant, les débuts du "Président" n’ont pas vraiment été idylliques. Décontenancé par l’absence de recrutement en dépit de ses attentes en la matière, il s’était largement épanché dans la presse. Une pression mise sur les épaules de sa direction, qui a finalement assouvi les désirs de celui qui avait été leur première recrue de l’été, suite au départ de Ricardo. David Bellion, Alou Diarra et Mathieu Chalmé sont les joueurs qu’il a voulus et qu’il a eu. Il a également souhaité Zoumana Camara ou Pape Diakhaté, mais ceux-ci ont accordé leur préférence à d’autres clubs. Et puis est venue la rencontre face à Lens, pour la première journée, un match qui voyait s’affronter par bancs interposés Laurent Blanc et Guy Roux, le second ayant été l’entraîneur du premier dans les années 1990 à Auxerre. L’élève a pris le dessus sur son maître, et s’est immédiatement fait adopter par le public bordelais.

Il est vrai que la qualité de la prestation de ses joueurs tranchait singulièrement avec les deux dernières saisons, passées sous les ordres du frileux Ricardo. Joueurs, audacieux, prenant des risques, les Bordelais se sont affirmés comme une équipe plaisante le temps de ce match. Voila qui annonçait le reste de la première partie de saison des Girondins. Cinq mois durant lesquels Laurent Blanc n’a eu qu’une expression à la bouche face à ses joueurs : le beau jeu avant tout. Un leitmotiv qui s’est parfois perdu au cours de la saison, ce qui entraîna forcément quelques couacs, comme à Nancy (0-1, 13e journée) ou à Caen (0-5, 15e journée), mais qui s’est finalement imposé lors de la majorité des matchs disputés par les Bordelais. Ce n’est d’ailleurs par un hasard si ce sont 2.63 buts qui sont inscrits dans les matchs qui les voit évoluer. Et il n’est pas plus étonnant de constater que les hommes de Laurent Blanc n’ont concédé qu’un seul match au score vierge, à Saint-Etienne (quatrième journée).

Redonner confiance à ses joueurs

Le Cévenol a également su redonner confiance à des joueurs qui en manquaient la saison dernière. C’est le cas notamment de Johan Micoud, qui ne révélait qu’à demi-mot ses désaccords avec Ricardo, ou encore d’Alejandro Alonso, qui peut enfin percuter comme bon lui semble sur son côté droit. C’est aussi le cas, évidemment, de David Bellion, déjà dix buts au compteur cette saison, après s’être quelque peu égaré à Nice, et d’Alou Diarra, dont le temps de jeu famélique à Lyon contraste avec celui dont il bénéficie cette année (18 titularisations). Bellion et Diarra, deux recrues qui marchent bien, tout comme Souleymane Diawara – qui a connu des débuts difficiles – et Mathieu Chalmé, dont le retour au club formateur est une réussite. Voilà un recrutement mené de main de maître, tel un symbole de la réussite de Laurent Blanc, qui a voulu ces joueurs et qui a peu à peu fait de chacun d’eux, des pièces maîtresses.

Si le groupe girondin semble en pleine forme, quelques critiques peuvent être émises. Les Marine et Blanc ont une fâcheuse tendance à encaisser des buts très tôt dans le match (Lyon, Strasbourg, Lille et plus récemment Marseille), et, bien qu’ils soient la plupart du temps parvenus à remonter et à ne pas rentrer bredouilles aux vestiaires, ils partent quand même avec un net désavantage par rapport à leurs adversaires. Autre problème intimement lié avec ces entames de match difficiles : la défense, très perméable cette saison (la cinquième plus mauvaise de Ligue 1 avec 23 buts concédés), ce qui là aussi contraste avec les années Ricardo. La difficile adaptation de Souleymane Diawara, les quelques bourdes d’Ulrich Ramé et les sautes de déconcentration (face à Lorient, 2-2, cinquième journée) en sont les principales responsables. Et Laurent Blanc a souvent déploré le manque de caractère de son équipe… qu’il a pourtant su amener au premier plan.

Vincent Romain

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