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Au risque de passer pour un rabat-joie, il faut faire acte de méfiance. Surprenant quatrième à l’issue des matchs aller, le Stade Malherbe de Caen traverse une passe euphorique que rien ne semble arrêter, par même Lyon, venu perdre au Stade Michel d’Ornano le 8 décembre dernier (0-1). D’ailleurs, le mois de décembre a été des plus bénéfiques pour le SMC puisque les Bas-Normands ont remporté tous leurs matchs de championnat. Samedi soir après Strasbourg, la communion en fin de match entre les joueurs et les spectateurs a traduit l’émerveillement devant les résultats actuels. Car au soir de la neuvième journée, certes avec deux matchs de retard, le SMC pointait à la 20e place derrière Metz.
En conférence de presse samedi soir après la victoire contre Strasbourg, l’entraîneur caennais, Franck Dumas a ressorti le refrain devenu habituel : "l’objectif reste le maintien". Et de se faire plus insistant quelques secondes plus tard. "La presse souhaite nous voir prétendre à d’autres objectifs, mais de notre côté, le discours ne change pas, que ce soit au niveau des joueurs, ou au niveau de l’encadrement", a-t-il poursuivi. Franck Dumas a bien raison de rester mesuré, car si son équipe enchaîne les bons résultats, les récentes victoires n’ont pas toujours été obtenues uniquement grâce à la percussion collective de ses joueurs.
Coups de pouce
Le dernier exemple en date remonte à samedi. Après un quart d’heure de jeu, sur un terrain gelé, Strasbourg aurait très bien pu mener 2-0, compte tenu de la pression exercée sur le bloc défensif caennais dans les premiers instants de la rencontre. Sans un grand Vincent Planté, les Malherbistes auraient probablement quitté 2007 sur une défaite. Mais voilà , Caen est sur un nuage.
La chance semble avoir tourné. Rétrogradé en deuxième division en 2004/2005 à cause d’une différence de but défavorable, et contraint de rester en Ligue 2 à l’issue de l’exercice 2005/2006 après avoir fini au pied du podium pour les même raisons, Caen peut légitimement savourer cet air qui tourne. La boulette défensive de Ceara sur la pelouse du Parc qui permet à Caen de repartir de Paris avec les trois points (1-0), les deux erreurs d’Ulrich Ramé lors de la victoire sur Bordeaux (5-0), sont autant de petits coups du destin qui ont profité au redressement du club ces derniers mois.
Si des faits de jeu offrent des petits coups de pouce aux Caennais pour aller chercher des victoires face à des équipes au potentiel supérieur en apparence, le repositionnement tactique du bloc équipe en octobre, passant de un à deux milieux récupérateurs, a probablement permis de provoquer la chance. Caen engrange les points aussi parce qu’il concède beaucoup moins de buts. Depuis la claque reçue à Valenciennes (3-0) le 10 novembre, Vincent Planté n’a été chercher le ballon au fond de ses filets qu’à deux reprises en six matchs. Caen surfe sur le haut de la vague avec des embruns de réussite. Aussi et surtout parce que le groupe normand a vite appris à la provoquer.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |