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Le plus dur c’est la chute. C’est ainsi que Justine Hénin a justifié sa décision d’arrêter sa riche carrière, hier après-midi. Redevenue numéro un mondiale en avril 2006, elle n’avait plus lâché son trône depuis lors. Et plutôt que de risquer d’être délogée de son piédestal, la Belge a préféré en descendre elle-même, au faîte de sa gloire. "Ma victoire difficile en finale (ndlr : des Masters féminins) face à Maria Sharapova au terme du match le plus long de la carrière, je l’ai vécue comme l’apothéose de ma carrière. Ce jour-là je me suis dit que j’avais tout vécu et tout donné" confiait-elle hier lors de la conférence de presse où elle a annoncé sa retraite. À seulement 25 ans, ce n’est pas le physique qui lâche, mais bien la tête, contrairement à Martina Hingis ou Kim Clijsters qui avaient elles aussi arrêté prématurément. "Je la comprends tellement bien. Quand une certaine routine s’installe et qu’on a moins envie de se battre, cela devient très difficile mentalement. Tu commences à penser à stopper, et cela traverse ta tête par moments. Mais rapidement, tu fais le déclic dans ta tête et tu ne peux plus revenir sur ta décision" confirme l’ancienne meilleure joueuse du monde.
Arrêter au sommet de son art
Des titres, Justine Hénin aurait certainement pu en gagner encore beaucoup et battre de nombreux records. Mais avec une salle des trophées déjà garnie de 41 coupes donc sept du Grand Chelem, la Belge a quasiment tout gagné et ne dispose plus de la motivation nécessaire pour faire mieux. "Depuis le début de l’année, je rame, et tout le monde le voit. Il me manque la hargne, l’envie, l’amour de ce que je vais. Sans tout cela, je n’avance plus" regrette la récente retraitée. Ultra-dominatrice au classement WTA, vainqueur de huit tournois plus le Masters féminin la saison dernière, elle avait encore tous les éléments en main pour continuer à poser son empreinte sur le circuit mondial. Mais l’émergence de nouveaux talents comme Jelena Jankovic ou Anna Ivanovic ainsi que l’éclosion d’une jeune génération de joueuses l’ont récemment poussée à donner encore plus pour conserver sa première place.
Passer la main
Or, si le jeu de Justine Hénin se veut l’un des plus complets et les plus techniques du circuit, et que son revers est considéré comme le plus abouti, la Belge a toujours souffert de son physique gracile (1m67, 57kg). Contrainte de fournir beaucoup d’efforts pour proposer de puissantes frappes à ses adversaires, et de compenser en produisant une activité incessante sur le court, la quadruple vainqueur de Roland-Garros avait besoin d’un mental d’acier pour ne rien lâcher au court des échanges. Sans celui-ci, les difficultés se seraient certainement accumulées et la Belge n’auraient pas manqué de redescendre progressivement au classement.
"Je suis une gagneuse. C’est mon caractère. J’aurais très mal vécu le fait de redescendre au classement (de la WTA). Je vais disparaître du classement lundi prochain avec le dossard N.1 et une immense fierté. C’est peut-être unique dans l’histoire du tennis. C’est très important pour moi, merveilleux" se réjouissait-elle hier, consciente qu’elle a déjà marqué l’histoire, en devenant notamment la sixième joueuse du monde à passer plus de 100 semaines à la tête du classement WTA. La chute a donc été évitée, Justine Hénin s’est simplement envolée vers d’autres cieux.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |