mercredi 17 mars 2010




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Analyse
Coupe du monde cherche jeu désespérément
La Page des Sports - Le 16 octobre 2007

Gâtés durant la phase de poules, les amateurs de rugby ont vite déchanté une fois que les matchs éliminatoires ont repris leurs droits. Misant davantage sur leur défense et la botte de leurs buteurs, les sélections engagées ont oublié de mettre du volume dans leur jeu, au risque parfois de s’en mordre les doigts.


L’audace a disparu de la Coupe du monde. Comme si la crainte d’oser avait brusquement paralysé les sélections nationales qui ont franchi l’écueil de la phase de poules et les avait poussées à prendre le moins de risques possibles pour avancer dans la compétition. L’élimination de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, qui avaient tenté de mettre du volume dans leur jeu, dès les quarts de finale a accentué encore plus un phénomène qui a pris de l’ampleur depuis quelques semaines : l’emprise totale des défenses sur des lignes d’attaques peu enjouées.

Les prévisions d’une Coupe du monde où la défense serait l’un des meilleurs atouts pour la victoire se sont avérées particulièrement juste. La France a battu la Nouvelle-Zélande grâce à un rideau défensif intraitable. L’Angleterre s’est débarrassée de l’Australie grâce à une abnégation implacable en mêlée et à ses capacités à empêcher l’adversaire de produire du jeu. L’Afrique du Sud a réussi à faire plier des Fidjiens pourtant très joueurs quand l’Argentine a su endormir des Écossais qui avaient pourtant décidé de se lancer vers l’avant en fin de rencontre.

L’occupation avant tout

L’audace ne payant pas, il serait en effet dommage d’en faire un principe. S’acharner et s’épuiser sur une défense imperméable n’était semble-t-il guère du goût des différentes sélections préférant miser sur ce fameux jeu d’occupation au pied devenu une grande mode et espérant la faute adverse qui leur permettrait éventuellement de prendre le dessus. Pourquoi ne pas profiter de ces grands buteurs à la botte puissante capable de dégager son camp de manière efficace voire de relancer le jeu si besoin est.

Jonny Wilkinson, Percy Montgomery, François Steyn, Damien Traille, Lionel Beauxis ou encore Juan Martin Hernandez se sont ainsi placés au centre de tous les regards lors des demi-finales. À croire qu’eux seuls avaient le destin de la rencontre entre leurs pieds. Lors de deux demi-finales, les longs dégagements vers l’avant, sans véritable but précis si ce n’est une occupation présumée du terrain, se sont ainsi multipliés. Le résultat n’a souvent été qu’un long jeu de passes entre les deux buteurs adverses qui choisissaient finalement de mettre le ballon en touche sans même avoir tenté de relancer à la main.

Un manque de jeu fatal

Car c’est bien là l’effet pervers de cette concentration abusive sur les défenses. Face à des blocs solides, le jeu au pied devient la solution de facilité, celle qui permet de passer par-dessus avec le plus d’efficacité grâce à la précision toujours plus grande des tirailleurs. Mais cette tactique a elle aussi des limites, quand l’équipe qui la met en place va quasiment contre nature. Quasiment jamais libérée au cours de la compétition, l’équipe de France s’est ainsi enfermée dans un jeu de gagne-terrain qui ne lui a finalement réussi que face aux All Blacks. Face à l’Angleterre, son manque d’audace a été fatal.

Là où le fameux flair français aurait pu faire la différence face à un XV de la Rose déstabilisé dès qu’il y avait un peu de mouvement, il n’a été que trop rare. Pourtant, les occasions ont été nombreuses au vu de multiples situations où les Bleus se retrouvaient en surnombre au large. Engoncés dans leur carcan, ils n’ont pas profité de ces aubaines, alors que les Anglais ont exploité la moindre faille adverse. "Jason Robinson a été le symbole d’une équipe qui a osé face à une autre qui n’a rien fait" tranchait ainsi Olivier Magne après la défaite tricolore. De quoi attiser un peu plus les regrets d’une équipe qui s’est pris les pieds dans le tapis et n’a pas trouvé les solutions pour se relever.

Marie Ange Kostoff

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