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Cueillir la Rose sans se piquer
La Page des Sports - Le 12 octobre 2007

Après des débuts mitigés, peu d’observateurs les attendaient à pareil niveau. Pourtant, l’équipe de France et l’Angleterre offriront samedi soir une demi-finale particulièrement incertaine entre deux équipes au parcours similaire. Après avoir battu les favoris de la compétition, les Bleus retrouvent les champions du monde en titre sur leur chemin, avec pour objectif d’accéder de nouveau à la finale, huit ans après celle de 1999.


C’est l’une des affiches les plus étonnantes de cette Coupe du monde. Au vu de leur histoire, la France et l’Angleterre ne surprennent personne par cette qualification en demi-finale. Au vu de leur compétition en revanche, les deux nations font figure de survivantes. Passés proches de l’élimination dès la phase de poules, humiliés par l’Afrique du sud sans arriver à marquer le moindre point (36-0), les champions du monde en titre ont retrouvés toutes leur vertus en quart de finale pour éliminer l’un des favoris de la compétition, l’Australie.

Un point en commun avec l’équipe de France, blessée après le match d’ouverture du 7 septembre et cette défaite face au XV argentin mais qui a trouvé les ressources morales, et physiques, pour monter en puissance et prendre le meilleur sur les All Blacks. Car c’est grâce à cette combativité et cette volonté, communes aux deux nations, qu’elles ont pu déjouer les pronostics et se disputer samedi soir la suprématie de l’hémisphère nord.

La mêlée en avant

La France et l’Angleterre ont surtout replacé au centre de leur jeu ce combat qui leur avait parfois manqué au cours de la compétition. Elles devraient logiquement s’appuyer sur les mêmes bases. La mêlée et la force des avants sur les regroupements devraient ainsi être l’une des principales clés de la rencontre : ce sont deux packs puissants, techniques et expérimentés qui s’affronteront samedi. L’un et l’autre se craignent mais les deux savent que celui qui s’imposera sur l’autre aura la mainmise sur la rencontre. Car les deux entraîneurs, Brian Ashton côté anglais, et Bernard Laporte côté français, ont tous les deux misé sur les mêmes hommes et donc le même système de jeu qu’en quart de finale.

Un système au sein duquel il s’agit de présenter une défense très solide, d’occuper le terrain, notamment grâce à un long et performant jeu au pied, et surtout d’empêcher l’adversaire d’avancer. À ce petit jeu-là, le XV de la Rose peut compter sur Jonny Wilkinson qui, à défaut d’avoir retrouvé la même régularité au pied que lors de la Coupe du monde, a conservé une aura intacte. L’assurance de pouvoir compter sur lui à tout moment influe sur le comportement général de l’équipe. Grâce à ses coups de génie, à l’image de cette passe au pied pour Paul Sackey face aux Samoa, il permet à toute l’équipe d’avancer et de subir le jeu le moins possible.

Faire du jeu

De quoi pousser les Tricolores à se méfier et surtout à imposer un peu plus de jeu que face à la Nouvelle-Zélande. "Ce ne sera pas certainement pas un match facile. Parce que ce n’est pas tout-à-fait la même équipe que celle qu’on a joué pendant les matchs de préparation. Ils ont cherché leur jeu pendant quatre ans, mais ils ont trouvé un jeu simple et efficace" explique Fabien Pelous, conscient de la tendance anglaise à attendre son adversaire plutôt qu’à faire le jeu. Les Français devront donc présenter une défense irréprochable et surtout très disciplinée, afin de laisser le moins d’opportunités possibles à Jonny Wilkinson.

Mais ils devront également se montrer agressifs sur le ballon et être mobiles. La non-titularisation de Frédéric Michalak à l’ouverture est en ce sens une demi-surprise côté français tant l’ancien Toulousain reste un dynamiteur de défense, comme il l’a prouvé face aux Blacks, et aurait pu apporter un plus dès le coup d’envoi face à l’Angleterre. Il devrait toutefois apporter sa vivacité et sa percussion en cours de jeu, comme Sébastien Chabal, Dimitri Szarzewski ou Christophe Dominici, des joueurs capables d’apporter la petite étincelle à une rencontre et surtout de donner de la fraîcheur au groupe.

Tout autant que les facultés physiques et les capacités techniques de chacune des deux équipes, c’est également récupération qui pourra faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre. Les Bleus ont encore du mal à se remettre de leur rude combat face à la Nouvelle-Zélande. Mais conscients qu’ils ne peuvent s’arrêter en si bon chemin, après avoir créé l’exploit face aux Blacks, ils misent sur cette sérénité qui monte dans leurs rangs. "Rien n’est jamais écrit d’avance, c’est à nous de faire ce qu’il faut pour que ça se passe bien" rajoute un Fabien Pelous qui se méfie de l’insouciance anglaise qui a fait des ravages depuis le début de la compétition. Mais pour devenir champion du monde, il faut d’abord destituer les tenants du titre.

Pour aller plus loin
Rivalité sans fin entre les Bleus et le XV de la Rose
On ne change pas une équipe qui a gagné
L’Angleterre imite la France

Marie Ange Kostoff

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