vendredi 16 mai 2008




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Elissalde, un homme d’ouverture
La Page des Sports - Le 11 avril 2008

Utilisé pour la quatrième fois de la saison à l’ouverture, le week-end dernier, Jean-Baptiste Elissalde a montré des qualités indéniables à ce poste. Même s’il est encore loin du niveau affiché à son poste de prédilection, derrière la mêlée, il offre une solution de remplacement de luxe au Stade Toulousain, et permet à son entraîneur de combiner ses forces avec celles de Byron Kelleher.


"Suis-je encore capable de redevenir un bon ouvreur de club ?" La question peut sembler étrange pour Jean-Baptiste Elissalde, reconnu comme l’un des meilleurs demis de mêlée au monde, notamment après d’excellentes prestations lors de la Coupe du monde 2007 et du Tournoi des VI Nations 2008. L’international tricolore se la posait toutefois la semaine dernière dans les colonnes du quotidien L’Équipe, alors qu’il s’apprêtait à évoluer pour la quatrième fois de la saison en numéro 10 avec le Stade Toulousain. Encourageantes, ses premières prestations à ce poste n’ont rien eu en commun avec celle livrée face aux joueurs de Cardiff, samedi dernier. Vif, intelligent, doté d’une excellente vision du jeu, il a même été à l’origine d’un essai de Maleli Kunavore sur une feinte quasiment involontaire qui a créé la brèche.

"Jean-Baptiste ne me surprend pas. Il démontre qu’il peut jouer numéro 10… bien qu’il rejouera à la mêlée, évidemment" assure d’ores et déjà son entraîneur, Guy Novès. Aux côtés de Byron Kelleher, son habituel concurrent derrière la mêlée, il a ainsi retrouvé avec délectations ses premières amours à l’ouverture, alors qu’il jouait avec le Stade Rochelais. Bien sûr, il n’est pas question de le replacer définitivement à ce poste, loin de là, mais d’en faire un remplaçant de luxe à l’ouverture, là où il apporterait un petit plus par rapport à Valentin Courrent, d’autant plus apprécie cet autre rôle.

Des qualités de numéro 10

"Ce sont des postes en apparence similaires mais en fait très différents. Notamment sur les points essentiels. Ce n’est pas la même passe, ce n’est pas la même distance par rapport à la ligne de défense adverse. Le jeu au pied est plus long, la gestuelle différente. Cela fait longtemps que je n’avais pas travaillé ce registre-là" confiait-il à L’Équipe. Les automatismes ne sont pas encore tous là et les coups de génie sont moins nombreux que pour des joueurs comme Frédéric Michalak, David Skrela ou François Trinh-Duc, et surtout, son gabarit l’empêche de proposer une défense toujours efficace.

Mais la solution de remplacement est loin d’être inefficace, notamment lorsque le pack devant l’ouvreur est aussi solide et dominateur que celui de Toulouse le week-end dernier. "Le 10 fait comme il peut. Là, il a été énormément aidé par ses coéquipiers. La mêlée et la touche ont été très bien, alors c’est plus facile" assurait-il. Grâce à une conquête assurée aisément, le demi d’ouverture a davantage de temps pour s’organiser et impulser le jeu avec efficacité et inventivité. En revanche, dès lors que les Toulousains trouveront face à eux un pack plus résistant, la donne risque d’être différente, et le manque de repères d’Elissalde au poste plus problématique.

Un duo de feu

En attendant de se retrouver dans cette situation, le trentenaire apporte au poste des qualités différentes, celles d’un joueur qui dispose des qualités propres aux deux positions de la charnière. "C’est un véritable stratège. Il alterne jeu au pied, à la main, les drops… Il ne me surprend pas à ce poste, car c’est le joueur le plus talentueux que j’ai rencontré" assure son coéquipier Vincent Clerc. Cette polyvalence permet surtout à Guy Novès et au Stade Toulousain d’allier les forces de ses deux demis de mêlée, Byron Kelleher et Jean-Baptiste Elissalde.

Mis en concurrence depuis le début de la saison, utilisé chacun pour une vision du jeu et une manière de jouer différentes, les deux joueurs apportent indéniablement une plus grande fluidité dans le jeu en conjuguant leurs forces. "Disons que ce n’est pas le même rugby. Je ne pourrais pas faire ce qu’il fait et lui ne pourra certainement pas faire les deux ou trois gestes qui me permettent d’aller un peu plus vite. Mais c’est une grande chance d’avoir un mec comme ça avec nous, qui a cette férocité, cette éducation qui fait qu’il joue Dax, Albi ou un quart de finale de la Coupe d’Europe avec la même intensité" confirme d’ailleurs Jean-Baptiste Elissalde. Avec un peu plus d’expérience, le duo pourrait bientôt faire des étincelles…

Marie Ange Kostoff

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