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Fernando Cavenaghi se réveille enfin
La Page des Sports - Le 21 janvier 2008

En l’absence de Marouane Chamakh, parti à la CAN, Fernando Cavenaghi est progressivement en train de s’imposer comme titulaire indiscutable à la pointe de l’attaque bordelaise. Buteur à trois reprises lors des deux derniers matchs de championnat, l’Argentin est enfin à la hauteur des attentes placées en lui depuis son arrivée il y a un an.


Depuis quelques semaines, le petit monde du football bordelais ne parle quasiment que de lui. Fernando Cavenaghi est devenu le chouchou du public girondin, ou plutôt a enfin répondu aux attentes placées en lui depuis un an maintenant. Arrivé sur les bords de la Garonne en janvier 2006, en échange d’une indemnité de transfert proche de dix millions d’euros, l’attaquant Argentin n’avait pas convaincu Ricardo, même après avoir rattrapé son retard physique sur le reste de l’effectif. On considérait, et espérait, cette saison 2007/2008 comme sienne, mais beaucoup déchantèrent lorsqu’une pubalgie brisa net son élan l’été dernier. Une nouvelle fois distancé aux yeux de son entraîneur par les autres attaquants du club – Marouane Chamakh, David Bellion ou Jussiê –, Fernando Cavenaghi glissait lentement mais sûrement vers la catégorie des échecs bordelais en matière de transferts, rejoignant entre autres Christian ou Deivid. Le vent a tourné depuis.

À l’origine de ce grand chamboulement dans la hiérarchie des attaquants bordelais, se trouve le départ pour la Coupe d’Afrique des Nations de Marouane Chamakh. Le Marocain était régulièrement aligné aux côtés de l’indétrônable David Bellion par Laurent Blanc, et son départ offrit une place à l’ancien joueur de River Plate, qui ne manqua pas l’aubaine. S’il était jusque là confiné à un rôle de titulaire lors des matchs de coupes, il s’est désormais imposé comme l’attaquant en verve à Bordeaux. Plus encore que David Bellion, pourtant deuxième meilleur buteur du championnat (11 réalisations). Face à Auxerre d’abord (4-1, 20e journée), l’Argentin s’offrit un doublé pour sa troisième titularisation de la saison en championnat seulement, et marqua les esprits. Puis il confirma le week-end suivant, inscrivant le premier but de son équipe en déplacement au Mans (2-1). Où comment, en à peine une semaine, retourner une situation bien mal engagée.

Proche d’un départ

Car Fernando Cavenaghi était annoncé comme partant possible pour le mercato hivernal. On évoquait Lens notamment, mais également des clubs sud-américains, qui n’avaient pas oublié ses années fastes à River Plate (55 buts de 2000 à 2004), ces mêmes années qui avaient fait croire aux dirigeants bordelais qu’ils tenaient peut-être le successeur de Pauleta dont le départ en 2003 n’avait jamais été vraiment compensé. Finalement, El Torito (le petit taureau en espagnol) prit la décision de rester en Gironde et de se donner six mois de plus pour convaincre. Après quoi il déciderait d’un éventuel départ. Bien lui en a pris. Depuis le début de la saison, Fernando Cavenaghi a disputé, toutes compétitions confondues, 14 matchs et a inscrit sept buts. Un ratio temps de jeu/but qui ferait pâlir certains attaquants de Ligue 1. Autre statistique en sa faveur : quand Laurent Blanc a associé l’Argentin à David Bellion – ce qui est arrivé quatre fois cette saison –, son équipe s’est d’une part imposé à chaque fois, mais a surtout marqué la bagatelle de 13 buts (quatre contre Auxerre et Toulouse, trois face à Rennes et deux au Mans) !

Fernando Cavenaghi est aujourd’hui indéboulonnable au sein de l’attaque bordelaise. Son style, tout en toucher de balle, en technique et en justesse, confère une plus grande profondeur au jeu girondin, qui était jusque là essentiellement basé sur les longues transversales vers la tête du grand Marouane Chamakh. Avec Johan Micoud derrière lui, l’Argentin bénéficie d’un appui technique indéniable, et peut utiliser le jeu tout en puissance de David Bellion pour exploiter ses qualités. Ses trois buts inscrits en championnat démontrent l’étendue de son talent : renard des surfaces pour reprendre un penalty repoussé (Auxerre), frappeur lointain très habile (Auxerre encore), puis buteur plein de sang-froid (au Mans). Avec les échéances importantes qui arrivent, en championnat (Saint-Etienne, Lorient) ou en Coupe de la Ligue (le Mans), Fernando Cavenaghi aura l’occasion de prouver que l’embellie constatée n’est pas qu’un feu de paille.

Vincent Romain

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