Massa fort comme un Turc
Istanbul n’est pas Byzance pour les pneus
Super Aguri rend les armes
Ferrari prudemment devant
Renault sur la bonne voie
La Formule 1 attend l’Europe pour s’exprimer
Ferrari n’a pas raté son retour en Europe. Après un doublé signé lors du Grand Prix de Bahreïn, les monoplaces transalpines ont réitéré leur performance, trois semaines plus tard à Barcelone, installant ainsi leur domination sur le championnat du monde des constructeurs pour la première fois de la saison. De quoi ravir dirigeants et pilotes de l’écurie italienne, mais si tous restent prudents sur les semaines de compétition à venir.
"La voiture s’est très bien comportée et elle avait un excellent équilibre. Nous menons le championnat du monde, mais nous savons que nous ne pouvons pas nous reposer : il suffit d’un rien pour descendre dans la hiérarchie" insistait Kimi Räikkönen après la course. Car si le champion du monde a avoué ne pas avoir poussé sa mécanique à fond durant la course afin d’économiser sa monoplace, et que les multiples interventions de la voiture de sécurité ont forcément réduit les écarts, dans le déroulement de la course, les voitures flanquées du cheval cabrée ont assuré le rythme sans pour autant décrocher leurs adversaires.
Des progrès mesurés
Durant le premier relais, Fernando Alonso est resté à distance respectable de ses deux adversaires de chez Ferrari. Dans le dernier, Lewis Hamilton a pu réduire progressivement son écart pour finalement terminer la course à moins d’une seconde de Felipe Massa, et seulement 4,1 secondes du vainqueur Kimi Räikkönen, prouvant que la concurrence n’avait pas chômé durant les trois semaines sans course. Comme promis, Ferrari a travaillé d’arrache-pied pour conserver l’avance entrevue notamment à Bahreïn. Son principal changement, une ouverture sur l’avant de la voiture qui augmente l’appui aérodynamique et permet de gagner en vitesse et d’être plus stable, surtout dans les virages rapides.
Une innovation qui s’intègre au sein de plusieurs évolutions aérodynamiques propres à permettre à Ferrari de conserver son avance sur les autres écuries. "Nous avons maintenu un léger avantage, ce qui veut dire que nous pouvons être raisonnablement confiant sur la suite de la saison, tant que nous ne commettons pas d’erreurs et que nous continuons à développer la voiture" se satisfait Luca Baldisseri, le responsable technique de l’écurie. Mais la formation transalpine a conscience que les écarts de performance sont finalement assez faibles, que ses innovations ne sont pas encore déterminantes, et que la concurrence a été rassérénée par le scénario de ce week-end.
Une concurrence surmotivée
"Nous serons encore plus fort". C’est en effet ainsi que Ron Dennis a conclu le Grand Prix d’Espagne, sûrs des progrès réalisés par ses monoplaces. "La voiture est particulièrement performante dans les virages rapides, nous ne craignons aucun circuit pour le moment. Tout ce que nous avons à faire, pour être honnête, c’est de construire une voiture encore plus rapide" s’amusait le directeur de l’écurie. "L’écart apparaît moins important que ce qu’il était et nous savons exactement dans quels secteurs nous devons travailler" continue-t-il, relayé par le président de l’écurie britannique, Martin Whitmarsh. "Les trois équipes les plus rapides - nous-mêmes, Ferrari et BMW-Sauber - ont semblé être très proches, et Renault a également fait un grand pas en avant (…) Nous savons que nous avons d’autres développements qui arrivent et nous devons nous assurer qu’on en bénéficiera dès que possible. Il y aura d’autres nouveautés sur la voiture en Turquie et nous devons continuer de pousser."
Les ambitions adverses se font donc pressantes pour Ferrari, d’autant plus que cette dernière n’a pas encore exploité le plein potentiel de ses nouveautés aérodynamiques. "Nous avons essayé de prévoir notre gain de performance, que nous estimons entre un et deux dixièmes (…) Mais ce n’est pas suffisant" estime Stefano Domenicali, le directeur sportif de la Scuderia. La pression reste donc intacte pour l’écurie italienne. Une manière de ne pas s’endormir sur ses lauriers et de continuer à innover, en espérant toujours garder une longueur d’avance sur les adversaires. Du côté de la technique comme en championnat…
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |