Guy Novès, roi de la vitesse
Pelous est encore vert
Toulouse fait profil bas
Elissalde, un homme d’ouverture
Toulouse ne baisse pas la garde
Médard sort de l’ombre
En France comme en Europe, le Stade Toulousain est incontournable. Son palmarès (16 titres de champion national, trois continentaux) parle pour eux, mais c’est surtout pour leur jeu que les Haut-Garonnais sont remarquables et remarqués. Ce jeu fruit d’une longue tradition entretenue par les différents entraîneurs qui se sont succédés, jusqu’à Guy Novès, l’un des plus emblématiques. En près de vingt ans, l’ancien ailier qui a pris la succession de Jean-Claude Skrela en 1989, est ainsi devenu le technicien le plus titré de France, sa méthode étant reconnue au-delà des frontières au point qu’il soit nommé meilleur entraîneur européen en 2005.
Exigeant et précis, mais cherchant avant tout à travailler dans la convivialité et à faire du Stade Toulousain une véritable famille, le technicien haut-garonnais a fait ses preuves, jouant notamment samedi après-midi la cinquième finale européenne de sa carrière à Toulouse. "Quand je pense à lui, je pense à la soif de victoire. Toute sa vie semble intimement liée à cette envie de vaincre et de sans cesse s’améliorer" estime d’ailleurs Fabien Pelous, qui s’entraîne sous son égide depuis 1997. Certes privé de titre national depuis 2001, Guy Novès a su continuer à faire de Toulouse une référence et d’installer un peu plus cette notion de "jeu à la toulousaine".
Jouer et s’adapter
Vif et rapide, le jeu prôné par l’entraîneur des Rouge et Noir ne doit rien au hasard. Du centre de formation à l’équipe première, les Toulousains répètent leur gamme en mettant toujours l’accent sur cette volonté de faire bouger l’adversaire. Le passé de Guy Novès, ancien ailier et athlète accompli n’y est pas innocent. S’il préfère laisser les louanges à ses prédécesseurs dont il a beaucoup appris comme Pierre Villepreux, Jean-Claude Skrela ou Robert Bru, il avoue tout de même avoir apporté sa touche personnelle au jeu toulousain. "J’ai continué à transmettre toutes les connaissances que l’on m’a apporté, en y mêlant ma personnalité et en les adaptant au rugby professionnel que nous vivons aujourd’hui et aux nouvelles règles. Ensuite nous essayons simplement de travailler dans la convivialité, la solidarité, le respect de l’autre, des spectateurs, des partenaires… " confiait-il au micro de l’équipe TV. Une touche personnelle qui se veut avant tout athlétique. Si la préparation physique est loin d’être négligée, la puissance ne fait pas tout dans le jeu toulousain qui s’appuie davantage sur la vitesse.
À toute vitesse
Entouré depuis dix ans de Dominique Hernandez, conseiller technique national d’athlétisme, et de Zeba Traoré, ancien coureur du 100m, Guy Novès a souhaité mettre un accent particulier sur l’entraînement athlétique des joueurs et notamment des ailiers et des arrières. Les exemples de Cédric Heymans, Vincent Clerc ou encore Clément Poitrenaud sont ainsi flagrants pour illustrer cette volonté d’insister avant tout sur l’explosivité, la rapidité et la ruse de ses hommes. Face à la vitesse des ailiers, solides sur leurs appuis et assez explosifs pour faire la différence sur un crochet ou un évitement, même une défense bien en place éprouve quelques difficultés à tenir le choc.
Surtout, face à des hommes dont la pointe de vitesse se rapproche des athlètes de haut-niveau, le danger peut venir de partout et à n’importe quel moment, ce qui rend plus fébrile le rideau adverse qui ne doit pas laisser la moindre brèche ouverte. Car une fois la différence faite, il est souvent particulièrement difficile de rattraper un joueur comme Vincent Clerc qui en a laissé plus d’un sur le carreau. La mobilité et le jeu avant tout, voilà le credo de Guy Novès qui a réussi à Toulouse depuis plusieurs années. Et apportera peut-être aux Haut-Garonnais un quatrième titre européen en douze ans…
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |