mercredi 17 mars 2010




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Rugby - Équipe de France
France - Nouvelle-Zélande : 20-18
Irréductibles Français !
La Page des Sports - Le 6 octobre 2007

Ils ont écrit leur histoire. On ne donnait pas cher de leur peau pourtant ce sont les joueurs de l’équipe de France qui ont obtenu celle des All Blacks. La victoire est étriquée (20-18) et témoigne de la tension qui a régné tout au long de la rencontre, mais elle offre aux Tricolores un billet pour les demi-finales face à l’Angleterre, l’autre surprise du jour.


Ne pas montrer sa peur. La camoufler au plus profond de soi et garder la tête haute. Les All Blacks avaient peut-être réservé un haka agressif aux Bleus, ces derniers n’ont pas cillé. Mieux, c’est avec un air de défi que les joueurs de l’équipe de France se sont placés juste devant leurs adversaires, soudés comme jamais, toisant les Blacks d’un regard noir. D’un Sébastien Chabal qui aurait presque aimé dévorer les Blacks, à un Christophe Dominici fixant chaque adversaire dans les yeux, aucun des Bleus n’a laissé apparaître la moindre crainte. Sur le terrain en revanche, la donne a légèrement changé.

Les Tricolores n’avaient jamais caché miser sur l’occupation du terrain, ils n’ont pas renié leur conviction. Si la tactique semblait la bonne, elle a cependant été mal utilisée pendant bien longtemps du fait du manque de présence tricolore dans le jeu aérien. Des chandelles offertes aux Néo-zélandais, des touches non trouvées fournissant les Blacks de nouvelles munitions, ce manque de précision a failli coûter cher aux Tricolores.

De la timidité agressive…

Mais voilà, si l’équipe de France s’est montrée timorée en première période, son adversaire a été à peine plus entreprenant, semblant trop souvent se contenter de sa force à l’impact pour faire la différence. Et cela a suffi pour rentrer aux vestiaires avec un handicap de "seulement" dix points et à éviter ce fameux orage qui a tardé à doucher les Français. Les Blacks ne sont pas parvenus à jouer sur la largeur, pris par une défense française bien alignée et terriblement agressive. Bien sûr, le défi physique imposé aux hommes de Bernard Laporte a été rude mais les Tricolores ont bien résisté à des adversaires parfois méconnaissables par leur incapacité à augmenter leur volume de jeu et à accélérer comme par la multiplication de leurs fautes.

Pour l’emporter, il en fallait pourtant plus. Ne pas se contenter de résister, de lutter mais bien provoquer l’opposant pour faire son retard. La timidité étant la pire des adversaires pour celui qui veut devenir champion du monde, les Bleus ont cherché à tenter un peu plus. Et ont déstabilisé les Blacks au point de provoquer l’expulsion de Luke McAlister pour une obstruction sur Yannick Jauzion (46e). Ce carton jaune va être le véritable tournant du match. Pas seulement parce que les Bleus ont réussi à revenir au score grâce à une pénalité de Lionel Beauxis puis un essai de Thierry Dusautoir. Mais surtout parce qu’ils ont résisté à la terrible maîtrise tactique des Blacks, qui se sont acharnés à conserver le ballon proche de l’en-but français pendant plusieurs minutes pour subir le moins longtemps possible leur infériorité numérique. Et qu’ils n’ont jamais paniqué quand les Néo-zélandais les ont punis juste après le retour de McAlister par un essai de Rodney So’oailo (63e).

… au réveil renversant

Les Bleus avaient besoin de force à l’impact, ils ont fait entrer Dimitri Szarzewski et Sébastien Chabal. Ils avaient besoin d’inventivité et de flair, ils ont été rejoints par Frédéric Michalak… qui n’a pas tardé à se mettre en avant en se faufilant dans l’espace, réalisant une percée de 40 mètres avant de servir intelligemment Yannick Jauzion (69e). Rien ne pouvait faire ciller ces Bleus samedi soir. Là où Luke McAlister a raté la transformation, Jean-Baptiste Elissable a bonifié l’essai de Jauzion, offrant la victoire à l’équipe de France (20-18). Là où l’équipe de France n’a pas tremblé ballon en mains et a fait les bons choix en fin de match, les Blacks ont laissé filer le cuir et n’ont pas tenté le drop dans les dernières minutes de la rencontre…

Encore une fois, ils ont subi la pression. Celle d’un statut de favori qu’ils n’ont pas su endosser. En manque totale d’initiative, ils sont apparus aussi pâles qui leur maillot, comme si leur jeu avait disparu en même temps que leurs couleurs. Quasiment constamment en infériorité numérique au large, ils se sont acharnés au ras, tombant alors sous le coup de courageux français. Surtout, les Tricolores ont su faire déjouer leur adversaires : déterminés, ils ont fait preuve d’une discipline et d’une efficacité essentielle en défense, retrouvant aux meilleurs moments leur flair en attaque. Comme l’Angleterre plus tôt dans l’après-midi, les Bleus ont démontré que rien n’était acquis dans le rugby. Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas… qu’ont franchi les joueurs de l’équipe de France. Les Bleus n’ont peut-être pas produit un jeu extraordinaire, ni démontré qu’ils formaient la meilleure équipe du monde, mais l’histoire ne fait que commencer…

Marie Ange Kostoff

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