Massa fort comme un Turc
Istanbul n’est pas Byzance pour les pneus
Super Aguri rend les armes
Ferrari prudemment devant
Renault sur la bonne voie
La Formule 1 attend l’Europe pour s’exprimer
S’il est un point sensible auquel les ingénieurs prêtent une grande attention sur le circuit de Tuzla, ce sont les pneumatiques. D’autant plus que cette année, l’épreuve stambouliote, qui avait auparavant lieu en août sous de fortes chaleurs, a été avancée de quasiment quatre mois, bouleversant complètement la donne. Plus fraîches, les températures risquent donc grandement de modifier le comportement des gommes, qui devront rouler sur une piste plus abrasive qu’à l’habitude, à cause de la relative fraîcheur ambiante. Bridgestone a donc déjà prévu ses gommes dures et médium afin d’assurer une plus grande résistance aux pneus, à l’image de ce que le manufacturier japonais avait apporté au Grand Prix d’Espagne il y a trois semaines.
Des gommes trop tendres risqueraient en effet de s’user trop vite sur une piste difficile et surtout résisteraient beaucoup moins à la forte pression qui leur est imposée dans les huit virages à gauche, et surtout dans cette fameuse courbe numéro 8, prise à plus de 260km/h. La succession de ces virages et le sens anti-horaire de la course, augmente en effet la sollicitation du pneu avant-droit, qui subit le plus l’impact de la force centrifuge entraînant la monoplace vers l’extérieur. Quant au virage n°8, l’un des plus réputés de la saison pour sa difficulté, il assène le coup de grâce.
Un choix important
Paramètre essentiel au cours de la course, l’usure des gommes n’est pas la seule à prendre à considération pour réussir à Istanbul. Car s’il est certain que les monoplaces ne seront pas chaussées de pneus tendres, elles doivent encore jongler entre les gommes dures et les médiums. Lors des qualifications, qui se sont déroulées sous une température ambiante de 17° dans l’air et 34° au sol, beaucoup ont ainsi choisi de chausser des pneus médiums afin de disposer d’une meilleure adhérence. Rapide, le circuit ne demande en effet que très peu d’appuis aérodynamiques, ce qui rend la voiture parfois instable. Les ingénieurs doivent donc compenser le manque d’appuis aérodynamiques par un grip mécanique plus important, notamment dans les virages 3 à 5 et 12 à 14. Or, les pneus durs, qui sont certes plus rapides car moins en contact avec la piste, disposent d’appuis réduits et poussent la voiture au sur-virage. Lewis Hamilton, chaussé de pneus durs durant les qualifications a ainsi eu parfois quelques soucis pour tenir sa voiture et a souvent été obligé de légèrement corriger sa trajectoire pour tenir sa Flèche d’Argent.
Son coéquipier, Heikki Kovalainen, a lui opté pour des gommes intermédiaires, plus tendres et donc plus adhérentes. Il a visiblement fait le bon choix, puisqu’il s’est hissé devant le vice-champion du monde, à quelques centièmes de la pole de Felipe Massa. Même si les pilotes doivent obligatoirement chausser les deux types de gomme durant l’épreuve, les pneus intermédiaires, visiblement plus adéquats, devraient donc être davantage utilisés demain en course. Les conditions atmosphériques ne devraient pas évoluer, un grand soleil mais un temps frais étant prévu pour demain. Mais la piste, quant à elle, évolue constamment. "Ce circuit est en constante évolution, ce qui représente un véritable challenge, mais est également très amusant" explique Lewis Hamilton sur le site officiel de McLaren. Comme toujours, c’est le roi de l’équilibre qui aura certainement le dernier mot…
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |