mercredi 19 novembre 2008




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Rugby - Stade Francais
Déménagement Stade Français
Jean Bouin fait peau neuve
La Page des Sports - Le 14 février 2007

Malgré quelques tergiversations et plusieurs mois de retard sur le programme initial, le Stade Français va (enfin) pouvoir commencer les travaux de son stade. Bertrand Delanoë et Max Guazzini ont eu gain de cause et vont pouvoir offrir au club francilien une enceinte toute neuve dès 2011.


La partie a été rude. Mais après tout, Max Guazzini a l’habitude et est prêt à tout les sacrifices pour faire de "son" club, le plus grand club tricolore voir européen. Fort de son succès populaire et de la constante augmentation de la mobilisation des Franciliens et autres amateurs du club parisien, le président des leaders du Top 14 ne souhaitait plus qu’une chose : offrir au Stade Français une enceinte digne de son palmarès et de ce qu’il représente aujourd’hui dans le rugby hexagonal. Au point même de menacer la Ville de Paris de quitter le club qu’il a mis tant d’années à reconstruire si elle n’approuvait pas, mardi après-midi, le projet de démolition puis de reconstruction du Stade Jean Bouin, devenu trop étroit pour les ambitions de la formation parisienne. Nul besoin de mettre ses menaces à exécution, le patron de NRJ a eu gain de cause. A l’aube de la saison 2011-2012, le Stade Français disposera d’une enceinte flambant neuve de 18 000 places, soit presque le double de sa capacité actuelle.

18 000 et puis c’est tout

Si le vote est sans équivoque (80 voix pour, 59 contre), le débat a été houleux pour parvenir à un accord derrière le projet du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Il faut dire que les réticences du maire du XVIe arrondissement, Claude Goasguen, prêt à tout faire pour ne rien faire, ont bien failli repousser aux calendes grecques ce projet déjà dans les cartons de la municipalité de la Ville Lumière depuis la candidature de la capitale au JO 2012. Rappelant – à juste titre – que le rugby était sur le point de devenir un sport de masse, il aurait préféré voir le club parisien évoluer en alternance chez ses voisins du Parc des Princes ou au stade Charléty, invoquant le fait qu’un stade de 18 000 places deviendrait rapidement trop petit pour une équipe qui prend l’habitude d’accueillir 80 000 amateurs de rugby au Stade de France.

L’argument est loin d’être insensé mais facilement contrable. Les hommes de Fabien Galthié n’ont aucun mal à remplir le Parc des Princes ou le Stade de France. La rapidité de la vente des billets pour les chocs de Coupe d’Europe ou du Top 14 en témoigne. Mais ces évènements spectaculaires ne sont que ponctuels et rien n’indique que la fréquentation serait la même toutes les semaines. Sans évoquer l’hypothèse de l’enceinte dionysienne, l’emménagement du Stade Français au Parc des Princes et ses 45 000 places risquerait rapidement de devenir un gouffre financier pour le club comme pour la municipalité. Alors oui les Franciliens jouent quasiment toutes les semaines à guichets fermés et près de 4 000 abonnés viennent fleurir les travées de Jean Bouin. Mais peu miseraient sur une fréquentation régulière de plus de 18 000 amateurs…

Prendre racine

La solution entérinée mardi par la Ville de Paris semble donc bien la plus adaptée aux besoins du Stade Français d’autant qu’au-delà de la rénovation et de la stricte augmentation de la capacité de Jean Bouin, c’est toute une politique d’enracinement du club qui sera mise en place du côté de la Porte d’Auteuil. La Mairie ne compte pas se muer uniquement en bâtisseur mais souhaite également créer une véritable culture rugby en Ile-de-France, autour de son club le plus emblématique. Quasi-inexistante dans l’hémisphère nord hexagonale, cette culture passe par la création d’une "maison du rugby" qui naîtra dans le nouveau Jean Bouin. L’antre francilien ne sera donc pas seulement le lieu de villégiature du Stade Français - qui disposera enfin de vestiaires, de terrains d’entraînements et d’équipement dignes de ce nom - mais aura pour vocation d’accueillir les clubs amateurs et les jeunes du rugby francilien.

Désireuses de profiter de cet engouement populaire naissant et de tout le battement médiatique autour du club, les parties prenantes ont en effet tout intérêt à faire dès aujourd’hui du Stade Français l’un des fers de lance du sport francilien, en solidifiant ses bases et en lui donnant les moyens de croire en un avenir pérenne et serein. Et au vu des résultats qu’obtiennent les hommes de Fabien Galthié malgré des conditions d’entraînement, de préparation et de compétition indignes d’un leader du Top 14, on ne peut croire qu’en un avenir teinté de rose dès que le Stade Français disposera de son antre tout neuf. En attendant, et durant les quatre ans de travaux, les Parisiens seront SDF…

Marie Ange Kostoff

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