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Un récital. Sans donner l’impression de forcer son talent, Jo-Wilfried Tsonga s’est fendu d’une prestation de très grande qualité en quart de finale de finale de l’Open d’Australie contre un Mikhail Youzhny très en forme depuis le début de la quinzaine australienne (7/5, 6/0, 7/6(6)). Régulier et agressif dans son jeu, il en est même arrivé à susciter de l’énervement chez le Russe, peu habitué à une telle impuissance face à un adversaire classé au-delà de la 30e place mondiale. Multipliant les fautes directes, la tête de série n°14 a quasiment offert la deuxième manche au Français en ne remportant que neuf des 35 points disputés. Au crédit de Jo-Wilfried Tsonga toutefois, celui-ci ne s’est jamais déconcentré au milieu d’une série de neuf jeux remportés à la suite, connaissant juste une sévère baisse de régime au service (44% de première balle dans le deuxième set) qui aurait pu lui être fatal face à un adversaire réputé pour sa relance.
Lors des deux tours précédents, le Russe n’avait pas laissé respirer son compatriote Nikolaï Davydenko (7/6(2), 6/3, 6/1) et le Croate Ivo Karlovic (6/2, 6/4, 6/2), deux joueurs dont le service lourd peut titiller les 220 km/h. Lors de ces rencontres, il avait ainsi converti 12 des 15 balles de break qu’il s’était procurées. Une efficacité redoutable qui n’a cependant pu être exploitée face à Jo-Wilfried Tsonga, le Français ne lui ayant pas accordé la moindre balle de break. Celui-ci a parfaitement su gérer les points importants et n’a jamais laissé son adversaire se placer en position de force dans la rencontre. Même avec une balle de set contre lui dans le tie-break de la troisième manche, le Manceau a pris la direction des opérations sur son service pour remporter le point avant de s’adjuger le gain du match dans la foulée.
Agressif dans l’échange face à Mikhail Youzhny, Jo-Wilfried Tsonga affiche une variété dans son jeu depuis le début de l’Open d’Australie qui laisse entrevoir un potentiel encore inexploité. En quart de finale, il s’est davantage porté au filet que lors de ses trois dernières sorties, empêchant ainsi son adversaire de s’installer dans des échanges longs qui ont généralement tourné à son avantage. En ce sens, la demi-finale qui se profile face à un Rafael Nadal, dont la technique et la puissance peuvent repousser quasiment tout adversaire au-delà de la ligne de fond de court, devrait constituer une opposition particulièrement intéressante pour jauger les capacités actuelles du Français. L’écart entre les deux joueurs s’était avéré trop important pour Jo-Wilfried Tsonga lors de l’US Open (6/7(3), 2/6, 1/6), sur un revêtement similaire à celui de l’Open d’Australie. Mais à l’époque, il ne figurait même pas parmi les 60 premiers joueurs mondiaux. Lundi, il devrait pointer aux alentours de la 25e place du classement ATP...
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