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Le service-volée tente un retour gagnant
Une erreur d’arbitrage suivie d’une prise de bec avec l’arbitre de chaise. Pour bien des joueurs, un tel épisode est susceptible d’entraîner une perte de concentration pouvant aller jusqu’à la sortie du match. Pas chez Jo-Wilfried Tsonga. Après un ace annoncé faute par l’arbitre de chaise en début de troisième manche, un jugement infirmé par la vidéo sans que le point ne revienne pour autant au Français, Jo-Wilfried Tsonga a répondu de la plus belle des manières. En claquant deux aces de suite afin d’affirmer sa supériorité face à un Rafael Nadal dépassé par la puissance d’un joueur qui a balayé la quinzaine australienne telle une tornade et semble poursuivre sa montée en régime. "Aujourd’hui, personne ne pouvait me battre" a confié le Manceau à la sortie du court.
Puissant et régulier dans ses coups, Jo-Wilfried Tsonga a livré face à l’Espagnol une performance étourdissante. L’impression de facilité qu’il a dégagée tout au long de la rencontre pouvait même laisser croire qu’il s’agissait d’un illustre inconnu qui se retrouvait régulièrement à un ou deux mètres de ses coups. En moins de deux heures de jeu, le Français a surclassé un Rafael Nadal impuissant face à son insolente réussite. Le 38e joueur au classement ATP a pratiquement tout réussi, à l’image d’une volée presque involontaire qui lui a fait perdre l’équilibre alors que l’Espagnol venait de renvoyer son amorti droit sur lui.
Jeu complet
S’il se refuse encore à reconnaître un potentiel technique au niveau des meilleurs mondiaux, "les joueurs font un peu ce qu’ils veulent avec la balle, enfin, moi, moyennement…" expliquait-il en début de semaine dans les colonnes de L’Équipe, il a néanmoins exposé un répertoire très complet pour l’emporter face à Rafael Nadal. Généreux dans l’effort, il a su prendre l’ascendant dans l’échange quelle que soit la physionomie du point et s’est permis de flirter avec les lignes au point de soutirer des mous régulières à son adversaire.
Premier Français en finale d’un tournoi du Grand Chelem depuis Arnaud Clément en 2001, Jo-Wilfried Tsonga se positionne désormais comme un candidat potentiel aux premières places mondiales. Sa performance australienne requiert évidemment confirmation, mais la maîtrise tactique affichée sur les courts de Melbourne lui permettent aujourd’hui de rivaliser avec n’importe quel joueur. Derrière un service particulièrement rapide, il a passé les 220 km/h à plusieurs reprises face à Rafael Nadal, Jo-Wilfried Tsonga développe un jeu agressif suffisamment polyvalent pour s’adapter à son adversaire du jour. Tantôt attaquant de fond de court, tantôt amoureux du filet, où il a gagné un tiers de ses points contre l’Espagnol, tout lui réussit. Et il peut désormais rêver à un premier titre ATP sur l’une des plus grandes scènes du circuit, le premier Grand Chelem de l’année. Lui qui n’avait participé qu’à quatre tournois du Grand Chelem avant d’arriver en Australie.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |