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La saison des regrets pour Metz
Comment vivez-vous ce début de saison ?
On le vit forcément mal au vu des résultats. On savait qu’on avait un groupe assez inexpérimenté et peut-être pas aguerri aux joutes de la Ligue 1 tout de suite… C’est sûr qu’on aurait aimé faire un meilleur départ pour se mettre en confiance et pouvoir aligner des résultats plus favorables pour avoir le temps de vraiment prendre la mesure de ce championnat-là. Au lieu de ça, on a été tout de suite dans la difficulté et au bout de dix journées, on est dans une situation délicate.
L’ambiance dans le vestiaire, au sein de l’équipe en a pâti ?
L’ambiance est encore "bonne". On a un groupe qui est resté soudé et solidaire. L’année dernière ça nous a permis de faire une grosse saison. Aujourd’hui, on doit faire face à une adversité bien plus importante que ce qu’on a connu l’année dernière en Ligue 2 : on compte donc sur cette unité pour rebondir. C’est quelque chose qu’on attend rapidement parce que les journées passent et on reste collés au fond du classement. On espère faire une série pour s’en sortir.
Que s’est-il passé par rapport à la saison dernière pour qu’il y ait une telle différence de performances ?
On est beaucoup moins efficace et beaucoup moins réaliste. L’année dernière, on avait tendance à marquer sur pratiquement chacune de nos premières occasions et ensuite à avoir une défense très rigoureuse et solide. On a fini meilleure défense la saison dernière, on a gagné pratiquement tous nos matchs à domicile, alors que pour l’instant on a une des plus mauvaises défenses de L1, on n’a pas encore réussi à s’imposer à la maison. Tous ces éléments conjugués font qu’on est lanterne rouge.
Pensez-vous qu’il y a un problème de préparation et d’adaptation à la Ligue 1 ?
Non, je ne pense pas. On s’entraîne beaucoup, on a des montages vidéo qui sont faits sur chacun de nos adversaires. Pour tout ce qui est préparation d’avant-match, on travaille au moins aussi bien que n’importe quel gros club de ce niveau-là. Après, c’est à nous de répondre sur le terrain par le talent, la rigueur et nos compétences. Pour l’instant, on a fait trop d’erreurs individuelles qui nous ont coûté des buts et on n’arrive pas à renverser des scénarios défavorables dans ce championnat de Ligue 1 face à des équipes qui comportent plus de talents que ce qu’on a pu connaître la saison dernière.
"S’en sortir tous ensemble"
Quelles pourraient être les solutions pour se redresser selon vous ?
La solution, c’est de reprendre les bases, avoir un gardien qui nous sauve des matchs, une attaque qui marque à chaque occasion. Mais pour ça, il faut des milieux qui leur fassent de bonnes passes. Aujourd’hui, le classement est le reflet de tout ça : on n’arrive pas à être assez rigoureux derrière pour ne pas offrir de buts à nos adversaires. Sur un match comme Strasbourg, on n’a pas su être assez réaliste offensivement. Le milieu de terrain n’est pas la seule solution, chacun à son poste doit être le meilleur possible pour que le collectif soit le plus performant. Souvent, on a tué nos matchs nous-mêmes, soit par des erreurs individuelles, soit par du manque de réalisme. Il faut remédier à ça rapidement pour pouvoir reprendre de la confiance et entamer les matchs sans avoir à jouer notre vie à chaque fois.
L’aventure de la saison dernière, que beaucoup ont vécu, pourrait elle aussi vous aider ?
Elle nous a servi, mais d’un certain côté, elle nous a également desservi. On a tellement écrasé le championnat la saison dernière qu’on a peut-être cru que ça allait être facile cette année. Maintenant, on a tous pris conscience que le championnat de Ligue 1 était très difficile, qu’on n’était peut-être pas encore tous au niveau en même temps. L’année dernière, on était tous au top, les résultats se sont enchaînés, on s’est mis dans une série positive, contrairement à aujourd’hui. Maintenant, au-delà des qualités, il faut faire appel à l’esprit et à la volonté de s’en sortir tous ensemble. J’espère au moins que le groupe restera solidaire parce qu’on pourra s’en sortir que comme ça.
Le groupe messin est très jeune, est-ce véritablement un handicap ?
Au niveau des matchs de L1 accumulés, on ne doit pas avoir le plus grand nombre de matchs. Et dans un championnat comme ça, ça compte beaucoup. On ne joue pas en L1 comme on joue dans les divisions inférieures. Malgré les quelques renforts expérimentés qu’on a eu, il manque un peu d’expérience. Mais la jeunesse a aussi ses qualités et peut-être qu’on arrivera à s’en sortir en ne se prenant pas trop la tête et en se disant qu’on a du temps pour se sauver. Mais l’insouciance ne doit pas faire oublier les impératifs et les enjeux par rapport à notre maintien. Le groupe se connaît bien, les joueurs ont confiance en l’entraîneur. Ça aussi, ça peut nous servir : dans d’autres équipes, dans d’autres groupes, ça aurait déjà implosé, mais nous on fait corps et on reste solidaires. Qu’on soit jeune ou vieux, ce qu’il faut, c’est faire en sorte qu’il n’y ait pas une descente en fin de saison, parce que quel que soit l’âge, ça fait mal pour la carrière et pour la suite.
On vous a vu prendre la parole très souvent et essayer de motiver vos coéquipiers, c’est un rôle de meneur que vous appréciez ?
Strasbourg n’était que mon huitième match de Ligue 1. J’ai de l’expérience parce que j’ai 200 matchs de Ligue 2 derrière moi. Mais on n’est pas forcé d’avoir cette "expérience Ligue 1" pour avoir cette envie de se surpasser, de se battre et de montrer l’exemple. Dans une équipe, il faut bien que dans ces moments-là, il y ait trois ou quatre éléments qui soient un peu la locomotive. Le but que j’ai marqué face à Strasbourg m’a donné cet élan et cette envie de me battre. Mais il y a d’autres éléments comme Christophe Marichez, Pape Malick Diop ou Cédric Barbosa qui doivent, par leur expérience, jouer ce rôle, après les autres suivront naturellement. Ce dont on a besoin avant tout, c’est de faire une série de résultats pour pouvoir avancer et prendre de la confiance. C’est peut-être ça qui manque, peut-être ça qui explique le manque de réalisme de nos attaquants dans un match comme face à Strasbourg. Mais la confiance, ça ne vient pas tout seul, il faut aller la chercher. Nice et le derby face à Nancy arrivent, ça va être deux matchs très importants où il faudra prendre un maximum de points.
"De tels agissements, ça n’aidera personne"
Votre match face à Bordeaux (ndlr : en Coupe de la Ligue) ne pourrait-il pas être à ce titre un match de référence, du point de vue de la réussite et de la rigueur ?
Face à Bordeaux ou Caen, on a été mené à chaque fois au score mais on ne s’est pas désuni, on ne s’est pas jeté à tout-va à l’attaque. On a construit nos victoires et su être réaliste donc on voulait s’appuyer sur ces deux matchs-là pour confirmer contre Strasbourg à la maison. Mais la contre-performance de Strasbourg nous a remis dans nos doutes et dans nos manques donc il faut beaucoup travailler en espérant que ça paiera et qu’on arrivera au mois de mai en ayant assez de points pour ne pas être dans les trois qui descendent.
On ne peut pas dire qu’on ait dominé outrageusement face à Strasbourg mais on s’est procuré six ou sept occasions franches qu’on n’a pas su convertir. Au lieu de se servir de ce match-là pour chasser les doutes et rentrer de plain pied dans le championnat, en reprenant confiance et en redonnant de l’énergie à nos supporters, aux dirigeants, à l’entourage du club, on a replongé dans le doute. Les matchs nuls ne vont pas nous suffire donc il va falloir avoir conscience que les trois points nous seront nécessaires à chaque fois.
La mini-trêve internationale pourrait-elle vous faire du bien ?
Avoir quinze jours avant de jouer à Nice, c’est très long parce qu’on reste sur un match qui nous a laissé beaucoup de frustration. On aurait aimé jouer le plus vite possible pour gommer cette contre-performance. Quant à la trêve hivernale, elle nous servira à faire un premier bilan, à faire les comptes pour avoir un premier temps de passage, savoir si on est en mesure de se sauver. Quand on fait un début de saison comme ça, on sait que ça va être très long pour se sortir de la zone rouge, qu’on devra se battre jusqu’à la fin, et peut-être même se sauver lors de la dernière journée. Ce sont des saisons difficiles, épuisantes, mais il faut les faire parce que le jeu en vaut la chandelle et qu’il est vital pour un club comme Metz de rester en Ligue 1.
Vous comprenez la colère des supporters du FC Metz ?
Je peux comprendre la colère au vu de nos résultats, de leurs attentes cette année, mais aussi depuis quatre ou cinq ans où ils voient le club faire l’ascenseur. Quand on est supporter, quand on aime son équipe, qu’on était habitué à voir son club en Ligue 1, c’est délicat de voir qu’on joue le bas de tableau. Pour ce qui est des actes, on ne peut pas cautionner, on ne peut pas accepter ça. Pour le club, c’est un avertissement. Les supporters doivent revenir à une certaine raison : des agissements comme ça ne vont aider personne. On a un derby contre Nancy qui nous permettrait de renouer avec eux en cas de victoire et de leur redonner une certaine fierté. Si le résultat doit être défavorable, j’espère qu’on n’arrivera pas à de tels débordements…
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