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La Formule 1 attend l’Europe pour s’exprimer
Il ne devait disputer qu’une course. Alexander Wurz ayant décidé de mettre prématurément fin à sa carrière en Formule 1, Kazuki Nakajima a pris place dans le baquet de la Williams lors du dernier Grand Prix de la saison dernière, au Brésil. Mais Frank Williams l’avait assuré dès le début, il s’agissait simplement de lui donner l’occasion de gagner en expérience. Une dixième place et quelques semaines plus tard, le Japonais obtenait un contrat de pilote titulaire.
Une courbe de progression intéressante suivie grâce au programme de jeunes pilotes Toyota, une saison encourageante en Formule 3 Euroseries en 2006, puis une autre à participer à l’élaboration et aux tests de la Williams en tant que pilote essayeur, avaient convaincu les dirigeants de l’écurie britannique de lui laisser sa chance. Un Grand Prix du Brésil d’où il est parti en fond de grille pour finalement entrer dans les dix premiers après une course palpitante, lui ont ouvert les portes d’un monde où son père, Satoru Nakajima, ancien pilote Lotus et Tyrell, avait déjà laissé son empreinte.
Un style agressif
Certes, beaucoup se souviennent du jeune Kazuki Nakajima comme le pilote qui, lors d’un ravitaillement du Grand Prix du Brésil, a renversé deux de ses mécaniciens. Mais c’est résumer bien trop vite la course d’un jeune homme qui n’avait eu que quelques jours pour tester ses entrées dans les stands. Sur la piste, il s’est fait particulièrement incisif, voire agressif, du moins plein d’audace pour un débutant qui posait pour la première fois les roues de sa monoplace en compétition. "Kazuki a très bien piloté pour ses débuts, ses temps au tour ont été impressionnants. Il a posé les bases d’un futur en Formule1", louait Patrick Head, co-fondateur de l’écurie Williams, au terme de la saison.
Ce n’est pas par hasard si, après une séance de qualification ratée et terminée à la 19e place, le pilote nippon a finalement atteinte le dixième rang, alignant les meilleurs tours en course et faisant finalement de sa Williams la cinquième monoplace la plus rapide du paddock ce jour là. C’est bien grâce à un pilotage déjà précis, mais surtout très provocant, qu’il a rapidement gravi les échelons.
De l’ambition à revendre
De tels débuts ont fort logiquement donné des envies à ce jeune pilote plein d’audace. "Je sais que ma première course ne sera pas la meilleure, mais je veux progresser jusqu’à la fin de la saison. Je dois rester concentré et je pense qu’ensuite, les résultats suivront", confie-t-il au site autosports.com. Sans véritable expérience de la compétition, le jeune Japonais de 23 ans ne fait aucun complexe d’infériorité, notamment face à son coéquipier, Nico Rosberg. "Mon premier objectif est de battre Nico Rosberg. C’est mon principal but dans la mesure où c’est mon coéquipier et qu’il est actuellement le seul auquel je puisse me comparer."
Sûr du soutien de ses dirigeants et de ses capacités à se faire une place dans le petit monde de la F1, le fils de Satoru Nakajima est toutefois lucide sur son potentiel et les progrès qu’il doit encore réaliser, qu’ils soient physiques, notamment au niveau de la musculature et de l’endurance, ou techniques. Ses difficultés à canaliser son énergie et à tempérer quelque peu un pilotage agressif afin de le rendre plus efficace, notamment en qualifications, pourraient lui jouer de mauvais tours. Mais également lui rendre service dans les duels avec ses adversaires, comme au Brésil la saison dernière.
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