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La manière importe peu. Tout ce qui compte, c’est le résultat. C’est en suivant cette philosophie que les Anglais se retrouvent pour la deuxième fois consécutive en finale d’une Coupe du monde. Apathiques, les champions du monde en titre n’avaient remporté que quatre de leurs dix rencontres cette année avant le début de la compétition. Après des débuts poussifs face aux États-Unis lors de leur premier match, ils avaient même laissé craindre le pire en tombant lourdement face à l’Afrique du sud (0-36). Pourtant, ce sont bien eux qui sont à une étape de l’exploit : celui qui leur permettrait de devenir la première sélection de l’histoire à remporter une deuxième Coupe du monde consécutive. Comme à la recherche de son jeu avant le début de la compétition, le XV de la Rose a retrouvé des couleurs au fil des matchs, s’appuyant avant tout sur la simplicité de son jeu et sur les bases du rugby.
Samedi soir face à l’équipe de France, ce n’est pas une sélection dominatrice qui a mis la main sur la rencontre, mais davantage une équipe sereine, capable de profiter de la moindre occasion pour saisir sa chance. Alors qu’ils ont passé à peine trois minutes dans les 22 mètres tricolores durant toute la rencontre (contre près du double pour l’équipe de France), ils ont été les seuls à marquer un essai et se sont procuré les plus belles occasions d’alourdir la note. Conscients que ce n’était pas à eux de faire le jeu et surtout que la défense tricolore les empêcheraient de se lancer efficacement vers l’avant, les hommes de Brian Ashton ne se sont pas épuisés à partir dans de longues chevauchées vouées à l’échec, mais ont privilégié l’occupation du terrain, notamment grâce à la botte de Jonny Wilkinson.
Miser sur les fondamentaux
L’indiscipline du début de rencontre, qui a permis à l’équipe de France de revenir sur leurs talons puis de les dépasser, a progressivement laissé place à une sérénité sans faille et une assurance inébranlable chez les Anglais. Leur métronome, Jonny Wilkinson n’était pas forcément dans le meilleur jour (ndlr : il a raté trois drops et une pénalité) mais ils savaient qu’il pourrait les délivrer à tout moment. Comme en 2003, c’est ce qu’il a fait, éteignant les espoirs français sur deux pénalités dans les dix dernières minutes. "La semaine dernière, les Blacks dominaient la rencontre, on les a battus. Cette semaine, ce sont les Anglais qui ont été dominés, et comme nous, ils ont été opportunistes" rappelait à juste titre Christophe Dominici à la fin de la demi-finale.
En se montrant solides et appliqués sur leurs points forts, notamment les regroupements, en tenant tant bien que mal en défense, ils ont entraîné les Français dans un faux-rythme et ont profité de ce manque d’audace tricolore qui a conduit le XV de France a ne pas concrétiser ses phases de maîtrise et surtout à ne pas profiter des quelques largesses laissées par la défense britannique. Car c’est un élément qu’il ne faut pas oublier : en ne cherchant pas à déstabiliser outre mesure le XV britannique, les Tricolores se sont jetés dans la gueule du loup et ont facilité la tâche d’Anglais solidaires dans l’axe. Mais face à une formation plus joueuse, imprimant plus de rythme à la rencontre, le XV de la Rose risque de connaître davantage de désillusions, notamment au large, où la défense avait parfois du mal à se déployer. Brian Ashton, le sélectionneur et ses 30 joueurs ont cependant une semaine pour y remédier. Et pour savourer…
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