vendredi 12 mars 2010


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Football - Marseille
Analyse
L’OM manque encore d’expérience
La Page des Sports - Le 13 mars 2008

Le club phocéen avait démontré sa supériorité face au Zenit Saint-Pétersbourg lors d’un match aller (3-1) au cours duquel les occasions manquées se sont multipliées pour les Olympiens. L’élimination hier en Russie (0-2) a exposé les lacunes des Marseillais sur la scène européenne et leur impose une dure leçon de réalisme.


"Il nous a peut-être manqué cet esprit de guerrier, cet esprit de coupe d’Europe qui aurait pu combler certains manques qui ont été les nôtres." Après la défaite à Saint-Pétersbourg (0-2), le président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf ne cachait pas sa déception sur le site officiel du club. Car l’OM, si convaincant en Ligue 1 et lors de chacune de ses sorties au Stade Vélodrome, est sorti sans gloire et avec bien de regrets de la Coupe de l’UEFA. "En regardant d’une manière froide et distancée l’événement, on peut simplement considérer que l’élimination est d’abord de notre fait" analysait-il encore.

Un jeu à l’encontre de ses habitudes

"Il a semblé que Marseille était venu pour défendre son avance. C’est une bonne équipe mais elle nous a peut-être un peu sous-estimé après le match aller" estimait après la rencontre le milieu de terrain de Saint-Pétersbourg, Radek Šírl. Hormis lors des premières minutes de la rencontre, la formation d’Eric Gerets n’a pas cherché à développer son jeu habituel, lequel demeurait difficile à mettre en place en raison du terrain très difficile du Stade Petrovsky. Positionnée très bas sur le terrain, l’équipe phocéenne a ainsi préféré s’appliquer à exploiter les quelques occasions de contre qui se sont présentées, mais sans réussite. "On n’a pas su faire ce qu’il fallait pendant le match au niveau des occasions, qu’elles soient pour ou contre nous" se lamentait simplement Laurent Bonnart.

Le constat apparaît cruel pour Pape Diouf qui n’a pas manqué de voler dans les plumes de sa formation. "Il a manqué cet esprit de compétition qui aurait pu transcender le groupe. Cela aurait pu amener chacun à jouer véritablement un match de coupe d’Europe ce que je n’ai pas toujours eu l’impression que nous jouions. C’est peut-être ça mon plus grand regret." La fébrilité phocéenne est ainsi apparue criante après le premier but russe. Outre le manque de lucidité de Djibril Cissé lors de son face à face avec Vyacheslav Malafeev juste avant la mi-temps, l’OM a surtout peiné pour contenir la pression du Zenit et ressortir proprement le ballon. "Les Marseillais ne s’attendaient pas à encaisser un but, alors quand Pavel Pogrebnyak a ouvert le score, ils ont eu un peu peur d’aller de l’avant" avançait encore Radek Šírl.

"Une leçon pour les deux équipes"

Comme l’a souligné Pape Diouf, la défaillance apparaît naturellement d’ordre mental. "Quand on a des ambitions comme les nôtres et que l’on a la prétention de jouer l’Europe, il faut aussi se donner les moyens sur le plan mental d’aller au bout" expliquait le président phocéen. Cependant, en rapprochant cette défaite de celle endurée sur le même score à Moscou, face au Spartak, au tour précédent, il apparaît que l’OM a également pêché par manque d’expérience. Si l’équipe phocéenne se montre particulièrement efficace à domicile, elle ne possède pas encore le vécu pour afficher une cohésion à toute épreuve lors des déplacements européens.

En trois saisons, Marseille a disputé six tours de coupe d’Europe avec une possible élimination à la clé. Par trois fois, l’OM s’est qualifié. Mais cela signifie qu’il s’est fait éliminé aussi souvent. Plusieurs membres de l’effectif n’ont connu que la vingtaine de rencontres européennes disputées par le club depuis la finale perdue de Coupe de l’UEFA en 2004, et trois membres de l’équipe-type (Mathieu Valbuena, Laurent Bonnart et Steve Mandanda) disputaient même leur première campagne continentale cette saison. Ainsi, hormis l’opération-commando réussie à Liverpool (1-0) en octobre dernier, la formation d’Eric Gerets a perdu lors de tous ses déplacements européens cette saison, bien souvent malgré une supériorité sportive apparente. "C’est une leçon pour les deux équipes : même avec une avance de deux buts, tout est possible. Il aurait fallu que l’on trouve d’autres solutions que celles que l’on trouve habituellement car il ne suffit pas seulement de bien jouer", conclut Lorik Cana. L’OM est encore en phase d’apprentissage.

Pour aller plus loin
- Advocaat savoure
- L’OM éliminé avec des regrets
- Pape Diouf se montre gourmand

Thomas Mélin

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