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La défaite claire et rapide était promise à Jérénmy Chardy. Face à lui, un double demi-finaliste de Roland-Garros, septième joueur mondial et terreur de la fin de saison dernière, David Nalbandian. Le début de rencontre tendait même à donner un peu plus de réalité à l’écart entre les deux joueurs, l’Argentin menant rapidement 6/3, 6/4. Puis le jeune Palois a lâché ses coups, se disant qu’il n’avait plus rien à perdre et qu’il avait tout intérêt à jouer crânement sa chance. Relâché dans ses coups, il a alors réussi à développer son jeu et à déstabiliser son adversaire, pourtant à l’aise sur la terre battue.
"Je ne me suis pas fixé d’objectif en termes de classement parce qu’après si je l’atteins.... Je préfère ne pas me donner de limites, jouer et donner mon maximum tout le temps, après on verra où cela me mène" expliquait Jérémy Chardy il y a trois ans, alors qu’il réalisait l’une de ses meilleures saisons en junior. La philosophie n’a pas changé maintenant qu’il écume les circuits seniors, et c’est cette envie d’aller de l’avant sans se poser de questions qui lui a aujourd’hui permis de réaliser le plus gros exploit de sa jeune carrière.
Un attaquant de fond de court
Attaquant dans l’âme, Jérémy Chardy aime les surface rapides, il a d’ailleurs remporté Wimbledon junior en 2005 juste avant d’atteindre la finale de l’US Open la même année, et parvient à adapter ce style de jeu sur la terre battue. Serveur efficace, puissant et rapide, il aime à enchaîner les services-volées et ne s’en n’est pas privé face à David Nalbandian, très souvent pris au piège par la rapidité d’exécution de son adversaire.
"Nous travaillons sur le jeu vers l’avant, sur des filières assez courtes, tout en lui donnant la possibilité de tenir entre cinq et dix échanges. Physiquement, il a les qualités pour cela" révélait d’ailleurs son entraîneur, Frédéric Fontang. Cet après-midi face à David Nalbandian, il a ainsi fait étalage de toutes ses capacités d’initiatives. S’il a commis 20 fautes directes de plus que son adversaire (56 contre 36), le jeune Français a eu le mérite de tenter pour bousculer l’Argentin. C’est lui qui a ainsi fait le jeu, faisant les fautes, mais également les points gagnants (40 contre 21).
Une expérience à parfaire
Cette capacité à tenir les échanges de fond de court grâce à ce coup droit puissant et performant et surtout à un physique bien affûté font de lui un joueur complet, même s’il manque encore d’expérience sur le circuit professionnel. Classé à la 145e place mondiale, Jérémy Chardy écume bien plus souvent les tournois challengers que ceux de l’ATP. Il ne doit d’ailleurs sa présence à Roland-Garros qu’à l’invitation des organisateurs des Internationaux de France, mais a profité au maximum de cette chance de disputer le deuxième Grand Chelem de sa carrière chez les seniors.
Sa première apparition remonte au mois de mai 2006, déjà à Roland-Garros, où il avait fait parler de lui en écartant Jonas Björkman (6/2, 7/5, 6/2) avant de déranger David Ferrer (1/6, 4/6, 6/3, 1:6). Cette fois l’exploit est encore plus retentissant et pourrait même déboucher sur une présence en deuxième semaine si Jérémy Chardy réitère la même performance que face à David Nalbandian au troisième tour. Et ce, même s’il y affrontera Dmitry Tursunov, expéditif face à Guillermo Garcia-Lopez (7/6(4), 6/0, 6/0) et quart de finaliste Porte d’Auteuil, la saison dernière…
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