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Lorsqu’on entend l’hymne écossais, Flowers of Scotland, chanté a capella par tout Murrayfield, il y a de quoi gamberger. L’équipe de France, elle, n’aura douté que dix minutes, ce dimanche, sur les terres écossaises. Dan Parks ouvre le score d’un drop acrobatique, les avants bleus souffrent face au pack écossais et l’idée que le pari de la jeunesse n’est peut être pas le bon traverse forcément les esprits. C’était sans compter sur le souhait le plus cher du néo-sélectionneur français, Marc Lièvremont : redonner le goût du jeu au XV national.
Le manque d’automatismes entraînant quelques problèmes dans les phases de conquête, des difficultés bien gommées en seconde période, la France a compensé par un jeu de passes impressionnant, qui n’est pas sans rappeler celui de l’équipe qui avait participé à la Coupe du monde 1995. Les joueurs qui aplatissaient alors dans l’en-but adverse s’appelaient le plus souvent Thierry Lacroix, Philippe Saint-André, Philippe Sella, Jean-Luc Sadourny ou encore Émile Ntamack, aujourd’hui entraîneur des arrières français.
" Faire du jeu "
Aucune faute de main en première mi-temps, des remontées de balle concluantes depuis les 22 mètres français, des pénalités jouées rapidement à la main, la performance de l’arrière-garde tricolore a de quoi satisfaire Marc Lièvremont. "Ils ont perdu très peu de ballons et ils ont su imposer leur rythme aux Écossais. Nous leur avions simplement dit d’avoir de l’ambition, de faire du jeu, et je suis comblé, même si beaucoup de choses n’ont pas fonctionné", a-t-il affirmé au terme de la rencontre. "La consigne était de ne pas rendre les ballons et donc de les remonter à la main. Je savais que ce jeu pouvait fonctionner et les joueurs se sont régalés dès les premières intentions de jeu", a-t-il ajouté. Les instructions ont donc été suivies à la lettre, permettant aux ailiers français, François Clerc par deux fois et Julien Malzieu, de concrétiser les prises de risque des Bleus par des essais plein d’opportunisme.
Heymans dans le bon tempo
Moins flagrante, la performance des centres français est également à louer. Sur chaque percussion, Damien Traille et David Marty ont réussi à créer des points de fixation ou à passer les bras pour transmettre le ballon après contact. Une belle revanche pour le Catalan, David Marty, appelé à la dernière minute par l’encadrement français en raison des forfaits de Yannick Jauzion et de Florian Fritz. Cédric Heymans a également rassuré face à l’Écosse. Transparent à ce poste pour le match d’ouverture de la Coupe du monde face à l’Argentine, le Toulousain n’a jamais été pris en défaut par le jeu au pied écossais.
Mieux encore, ses qualités de relanceur et sa relation avec Clerc ont fait merveille au sein de la stratégie de jeu concoctée par Marc Lièvremont. Seul bémol, son jeu au pied, à l’image de celui de François Trinh-Duc, n’a pas été parfait. Cela fait au moins un point à travailler pour les rugbymen français, avec également sans doute une petite mise au point pour le pack, chahuté en début de rencontre dans l’alignement et surtout en mêlée. Dimitri Szarzewski et Nicolas Mas, dont les entrées respectives ont apporté stabilité dans les fondamentaux et percussion, pourraient être les deux seuls nouveaux joueurs à intégrer la liste des titulaires face à l’Irlande. Réponse demain à Marcoussis avec l’annonce de l’équipe qui affrontera le XV du Trèfle.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |