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Rideau !
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Un match. Ce n’était qu’un match. Aussi inquiétante qu’ait pu apparaître la prestation offensive française lundi soir, l’heure ne doit pas être à la dramatisation. Une défaite face à la Roumanie aurait été alarmante, mais pas un match nul. L’équipe de France a simplement évité le premier piège qui lui était tendu, mais ne s’est pas offert le moindre bonus. Ceci dit, une interrogation survient obligatoirement lorsque le sélectionneur national applaudi un tel résultat. Comment une nation vice-championne du monde en titre peut se contenter d’un score nul face à la formation la plus faible de son groupe ? Car la Roumanie ne possède pas le meilleur gardien, ni même la meilleure défense ou le meilleur milieu de terrain du groupe, et encore moins la meilleure attaque. Ce serait plutôt tout le contraire.
À peu de chose près, la Roumanie est même la plus faible des quatre équipes du groupe C de l’Euro. Malgré son 12e rang au classement mondial de la FIFA, elle est d’ailleurs la plus mal classée du groupe. Seulement, Victor Piturca a mis en place un système tactique particulièrement difficile à manœuvrer pour ses adversaires. Bien regroupée défensivement, la formation roumaine n’encaisse que peu de buts, mais son manque de percussion devant l’empêche également d’en marquer beaucoup face à des équipes de qualités. Ainsi, si la Roumanie n’apparaissait pas comme la plus grande menace pour vaincre l’équipe de France, elle constituait sans doute l’équipe la plus difficile à vaincre. Car le schéma tactique des Bleus n’est pas propice à une grande efficacité offensive. À l’instar de la Roumanie d’ailleurs, la France de Raymond Domenech aime se regrouper défensivement pour exploser en contre. Mais lorsqu’elle se retrouve face à une équipe ne laissant que très peu d’espaces, sa force de percussion se retrouve annihilée.
Davantage de rythme
Les amateurs de jeu penchent évidemment pour une modification du schéma de jeu français dans de telles circonstances. L’entrée de Samir Nasri, même si ce ne fut que pour quelques minutes, a apporté un regain de vivacité dans l’entrejeu français. Il est ainsi aisé d’imaginer qu’avec une organisation se rapprochant de celle de l’OM de la saison dernière, lorsque le jeune Olympien évoluait à la récupération aux côtés de Lorik Cana, qui assurait le gros du travail défensif, tandis que Franck Ribéry occupait l’aile droite, aurait pu engendrer la créativité nécessaire pour prendre en défaut la défense roumaine. Cela aurait également pu déstabiliser l’équipe, qui n’aurait plus été articulée autour de son duo de récupérateurs, un risque que n’a souhaité prendre Raymond Domenech. "L’entraîneur nous a demandés de faire quelque chose et on l’a bien fait" confie d’ailleurs William Gallas.
En se contentant finalement d’un match nul en ouverture de l’Euro, le sélectionneur a fait le pari que les Bleus pourront profiter de plus d’espaces face à l’Italie et aux Pays-Bas. Si le match de lundi soir entre ces deux nations constitue la moindre indication, il est plus que vraisemblable que l’analyse soit juste. Les joueurs de Marco Van Basten se sont régalés en contre tandis que les Transalpins ont manqué d’efficacité face à une défense quelque peu approximative. Néanmoins, pour mettre toutes les chances de son côté, l’équipe de France se devra de mettre davantage de rythme dans son jeu, de multiplier les renversements de jeu et de créer davantage de décalages. Cela signifie également d’impliquer davantage les milieux récupérateurs, qui n’ont que ponctuellement franchi la ligne médiane face à la Roumanie, dans la construction. En d’autres termes, il faudra jouer sans le frein à main, et avec une plus grande envie de faire trembler les filets adverses dès vendredi face aux Pays-Bas. Autrement, l’Euro risque d’être particulièrement court pour les Bleus.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |