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Renouer avec le jeu. C’est le leitmotiv qui a semble-t-il guidé certaines équipes du Top 14 lors de la première journée du championnat hier, et notamment le Stade Français et Clermont. À eux seuls, les deux derniers finalistes ont marqué près de la moitié des essais inscrits au cours de l’inauguration de la saison 2007/2008 (quatre contre dix). "Le public a été gâté par quatre essais et de belles envolées" se félicitait d’ailleurs Fabien Galthié, l’entraîneur parisien, après la rencontre.
Il est vrai que depuis quelques semaines, le public du Stade de France n’avait pas été à pareille fête, lui qui était habitué à voir évoluer deux équipes davantage portées sur l’occupation du terrain et le jeu au pied, que sur les attaques au large. Une fois la phase de poule passée, l’enjeu a tué le jeu, chaque formation préférant avant tout assurer ses arrières plutôt que de prendre le moindre risque. En difficulté pour proposer du jeu durant la Coupe du monde, les Français ont toutefois démontré hier qu’ils n’avaient pas perdu la recette.
Une soif de revanche
Quatre essais, de multiples occasions de part et d’autres, et surtout de l’envie et finalement très peu de jeu au pied, le Stade Français et Clermont ont fait le pari d’oser, malgré la fatigue, les nombreuses absences et l’enjeu d’une première rencontre entre deux favoris du championnat. "C’est vrai qu’on a pris du plaisir. Les deux équipes ont tenté des choses, ont eu beaucoup d’initiatives. Ça devait être plaisant à regarder et surtout c’est de bon augure pour la suite de la saison", confirmait David Skrela à l’issue de la rencontre. Que ce soit sur le terrain ou dans les tribunes, la rencontre a gagné en intérêt et en intensité, offrant l’opportunité à certains de se libérer de la frustration accumulée.
La frustration de ne pas avoir assez joué ou de ne pas avoir réussi à s’exprimer comme ils le voulaient. "Forcément, nous qui avons peu joué, on avait hâte de retrouver le terrain" continuait David Skrela. La pression en moins, l’ouvreur parisien a ainsi beaucoup plus tenté que durant la Coupe du monde, à l’image du Clermontois Pierre Mignoni, retrouvé sur la pelouse du Stade de France. Lui qu’on avait vu timide voire hésitant ces dernières semaines, a repris son rôle de maître à jouer en Auvergne et a essayé d’imprimer de la vitesse au jeu de ses coéquipiers, se lançant même parfois dans des courses lointaines. Le goût d’inachevé a motivé certains qui veulent aujourd’hui prouver qu’ils auraient pu faire mieux.
La fatigue a ouvert le jeu
Si l’attaque a repris le pas sur la défense, c’est également en partie du fait du manque de préparation des deux équipes. Les absences de chaque côté ont empêché certains automatismes de se mettre en place, les rideaux défensifs tardant à trouver un replacement optimal. La fatigue a également permis d’ouvrir quelques brèches, la couverture de certains joueurs perdant en efficacité à mesure que le match avançait et que les déplacements se faisaient de moins en moins rapides. Sans oublier ces placages plus lâches d’un côté comme de l’autre permettant à l’adversaire d’avancer à chaque fois un peu plus.
"Il y a beaucoup de paramètres qui font qu’une défense se désagrège, mais les attaques ont bien joué pour provoquer cette situation" tempérait toutefois Fabien Galthié, heureux de l’envie que ses joueurs et ses adversaires ont mis dans la partie. Car si les brèches se créent, il faut savoir en profiter et les exploiter quand il le faut. "Les attaques avaient les opportunités de jouer, pourquoi lâcher le ballon ?" concluait-il. Il faut désormais espérer que cette philosophie de jeu durera toute la saison.
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