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Sans jamais perdre patience, Jody Viviani a attendu son heure. Arrivé il y a deux ans et demi en tant que doublure de Jérémie Janot, l’ancien gardien montpelliérain savait qu’il serait difficile de déloger le favori de Geoffroy-Guichard de sa place de titulaire. Lors de ses deux premières saisons à Saint-Étienne, il s’est donc contenté de quelques matchs à disputer dans l’ombre de son coéquipier, inébranlable. Une rencontre lors de la saison 2005/2006 et deux autres lors de l’exercice suivant, à profiter du système de rotation instauré par Ivan Hasek pour faire jouer ses deux gardiens à la toute fin d’une saison durant laquelle les Stéphanois n’avaient plus rien à gagner ni à perdre. Voilà tout ce dont a bénéficié Jody Viviani depuis son arrivée au sein de l’ASSE.
Conscient de son rôle de doublure, il n’a pourtant jamais bronché. "Ma titularisation est arrivée au bon moment, c’est vrai, même si, bien sûr, je ne souhaitais pas la blessure de Jérémie", lâche-t-il toutefois dans les colonnes de Nice-Matin. À seulement 26 ans, il est difficile pour un joueur professionnel de ne jouer que quelques matchs par saison et l’envie de compétition se faisait sentir. La blessure à l’épaule de Jérémie Janot, l’écartant des terrains pour un mois et demi lui a permis de s’exprimer.
Solidité et assurance
Certes moins spectaculaire et fantasque que son coéquipier formé à Saint-Étienne, Jody Viviani n’en reste pas moins efficace. Aidé par sa grande taille (1m90), l’ancien Montpelliérain dispose d’une large envergure dans ses cages et se montre particulièrement habile dans son jeu dans les airs. C’est surtout le côté rassurant de ses prestations, que ce soit dans ses prises de balle lorsqu’il est à la lutte avec son adversaire, dans ses placements ou encore dans les dégagements qui tranquillise sa défense. Certes, celle-ci a eu du mal à trouver ses repères avec lui lors de ses premiers matchs et le secteur défensif stéphanois, notamment à Strasbourg n’a pas tenu le choc. Mais au fil des rencontres, l’ancien Montpelliérain a trouvé ses marques, et s’est véritablement imposé comme un dernier rempart difficilement contournable.
Car s’il a eu du mal à Strasbourg, laissant ses filets trembler à trois reprises, et s’il a tout de même encaissé six buts sur les six matchs qu’il a disputés, il reste sur une série de trois rencontres lors desquelles il ne s’est incliné qu’à une seule reprise. À l’image d’Hugo Lloris à Nice, lors de la dernière journée, il a même permis à ses coéquipiers de garder le point du nul (0-0).
Le test marseillais
Sans faire de bruit, la doublure de Jérémie Janot prend de l’envergure et se pose donc de plus en plus comme un rival de l’habituel titulaire dans le but stéphanois et non plus seulement comme une solution de remplacement. "Aujourd’hui, en faisant de tels matchs, il a tout à gagner, surtout qu’il est en fin de contrat. Et puis ça apporte de l’émulation, ça pousse à être encore plus fort, à prouver toujours davantage. À Saint-Étienne, j’ai l’habitude... Même si je sais que je reste le numéro un, je sais aussi que je vais devoir revenir en étant au top. J’avais besoin d’un challenge, je l’ai ! Et j’aime ça", s’enthousiasme d’ailleurs le gardien titulaire dans les colonnes de l’Équipe.
Titularisé dans des conditions difficiles, alors que le club était au bord de l’implosion et s’apprêtait à disputer des matchs difficiles (Bordeaux, Lyon, Nancy,...), Jody Viviani a laissé glisser la pression sur lui, pour mieux s’en servir. Et cette solidité mentale, il lui faudra une nouvelle fois la démontrer ce soir au Vélodrome. Il espère ainsi dompter la furia offensive de l’OM, et marquer ainsi un peu plus les esprits, pour se faire définitivement une place au soleil stéphanois.
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