mardi 16 mars 2010




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Football - Équipe de France
Euro 2008
La fin de la méthode Jacquet
La Page des Sports - Le 14 juin 2008

La correction reçue face aux Pays-Bas (1-4) a mis en exergue de nombreux problèmes dans le jeu français. Les Bleus ne peuvent plus s’en remettre principalement à leur solidité défensive et se doivent d’aller davantage vers l’avant, quitte à sacrifier l’un de leurs deux milieux récupérateurs, l’une des marques de fabrique du système mis en place pour la Coupe du monde 1998.


Il ne faut pas s’y tromper. La politique sportive mise en place par Aimé Jacquet, à son arrivé à la tête de l’équipe de France après l’élimination face à la Bulgarie de la course à la Coupe du monde 1994, s’est avérée particulièrement bénéfique pour les Bleus. Il suffit de regarder le palmarès depuis quinze ans pour s’en convaincre. Les Tricolores ont remporté leur première Coupe du monde, échoué en finale de la dernière, et remporté un Championnat d’Europe des nations. Une série qui leur permet de figurer aujourd’hui parmi les favoris de la moindre compétition à laquelle ils prennent part, ce qui, en soit, constitue presque une nouveauté dans un pays qui a tendance à se considérer comme un outsider dès qu’il s’agit de sport.

Manque d’engouement

En plus de leur inculquer une culture de la victoire, Aimé Jacquet a permis aux Bleus de se découvrir une nouvelle identité. Les victoires françaises sont bâties sur une défense particulièrement hermétique, ancrée non seulement sur une charnière centrale des plus solides, mais surtout sur un duo de récupérateurs particulièrement redoutable. L’Hexagone ne manque pas de ces râteleurs de l’entrejeu, pas plus que de bons gardiens. Ceci dit, un tel système impose un socle de six joueurs défensifs, ne laissant ainsi bien souvent qu’un minimum de joueurs disponibles pour les offensives, surtout lorsque les arrières latéraux et milieux défensifs ne participent que modérément aux attaques, comme ce fut le cas lundi face à la Roumanie (0-0). Les Bleus se trouvent ainsi en opposition totale avec ce qui fut longtemps leur visage.

Après tout, c’est l’équipe de Michel Platini qui fut surnommée le Brésil de l’Europe. Une équipe au football porté vers l’avant qui reposait sur un quatuor de milieux créatifs surnommé le carré magique. Si la période faste de la fin de siècle dernier a réjoui la plupart des amateurs de ballon rond français, un retour à une mentalité plus offensive semble devenir inéluctable pour les Bleus. L’opposition face aux Pays-Bas (1-4) a mis en évidence le manque d’engouement du public français pour sa sélection nationale, un phénomène dont s’était ému Raymond Domenech avant la rencontre. Alors que la Ligue 1 figure depuis plusieurs années en queue de peloton des grands championnats européens concernant la moyenne de buts inscrits par rencontre, il devient de plus en plus difficile de s’enthousiasmer pour une sélection qui peine à faire trembler les filets adverses.

Une créativité asphyxiée

Le premier match face à la Roumanie avait mis en évidence un manque criant de créativité offensive. La solution a semblé être apportée partiellement par Raymond Domenech durant la première heure de la défaite face aux Pays-Bas, avec un Franck Ribéry positionné dans l’axe et libre de ses mouvements. L’ancien marseillais a beaucoup pesé sur le jeu tricolore, le faisant même nettement pencher vers la gauche en début de rencontre à mesure qu’il venait prêter main forte à Florent Malouda. Cependant, la sortie du joueur de Chelsea a obligé le Munichois à s’exiler durablement sur ce flanc gauche, asphyxiant dans la foulé la créativité française. De quoi appuyer le besoin des Bleus pour des créateurs axiaux.

L’équipe de France n’a pas sur prendre le jeu à son compte face à la sélection de Marco Van Basten principalement parce qu’elle n’a pas eu la maîtrise du ballon (48% de possession). Elle s’est retrouvée devant une équipe se projetant rapidement vers l’avant et s’appuyant sur des joueurs capables de conserver le cuir, à l’image de Ruud van Nistelrooy, Rafael van der Vaart, Dirk Kuyt ou encore Wesley Sneijder. La France possède de tels joueurs, certain étaient même assis sur le banc de touche vendredi soir, et pourraient ainsi développer un jeu plus offensif sans sacrifier de trop sa solidité défensive. Cela supposerait toutefois de n’aligner qu’un seul récupérateur afin de laisser la place à un deuxième attaquant ou un deuxième milieu offensif axial. Une option difficilement concevable pour les Bleus depuis quinze ans…

Pour aller plus loin
- La France ne peut plus attendre pour marquer

Thomas Mélin

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