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Le football italien se trouve dans le doute. Entre la violence qui fait parler d’elle dans et en dehors des stades, les menaces de grève de certaines équipes professionnelles parce qu’elles disent ne pas recevoir une part assez importante du gâteau des droits télévisés, les scandales de matchs truqués, ou le dopage, les thèmes ne manquent pas pour salir l’image du Calcio. Et l’administration en a tout simplement assez.
Réunis à Milan jeudi en fin de journée, les principaux dirigeants de la Ligue italienne de football professionnel ont réalisé un tour de table, abordant tous ces thèmes. Un consensus est en passe d’être trouvé pour que le nombre de participants de la Serie A soit ramené à 18 clubs, au lieu de 20 actuellement, et que celui de la Serie B passe de 22 à 20 équipes. Selon la ligue, cette mesure devrait permettre de lutter efficacement contre la baisse d’affluence dans certains stades, et d’assurer de meilleures recettes en matière de droit télévisés pour l’ensemble des clubs.
Haie d’honneur pour endiguer la violence
"Il semble important à mes yeux que nous commencions une véritable et profonde réforme du football italien. Nous n’avons pas le choix", a tenu à souligner le président de la Ligue, Antonio Matarrese. Si les thèmes du financement des clubs et la transparence dans leurs comptes animent chaque réunion, celui de la violence se fait chaque fois plus présent. Encore cette semaine, des affrontements entre des supporters de la Roma et de Manchester United ont émaillé la rencontre de Ligue des champions qui se tenait dans la capitale. Cinq fans anglais ont fini leur soirée à l’hôpital, blessés à l’arme blanche.
Le 11 novembre, un supporter italien a été tué par un policier alors que des bandes rivales de la Juventus et de la Lazio de Rome étaient en train d’en découdre sur un parking d’autoroute. Sur les 12 derniers mois, trois morts liées au Calcio sont venues endeuiller l’Italie et remettre en cause toute l’organisation du football de l’autre côté des Alpes. Pour l’instant aucune mesure concrète n’a été envisagée pour stopper la recrudescence de la violence. Hier soir, les représentants des clubs réunis à Milan ont discuté de la possibilité de mettre en place à la fin des matchs une haie d’honneur des vaincus pour saluer les vainqueurs, espérant que le fair-play du terrain se propagera dans les tribunes.
Antonio Matarrese n’a pour l’instant pas d’autre solution à proposer, mais pour lui, les rencontres ne doivent pas s’arrêter lorsque des drames se produisent. "Nous sommes touchés, mais le spectacle doit continuer. Les morts font malheureusement partie de ce très grand mouvement qu’est le football et que les forces de l’ordre ne réussissent toujours pas à contrôler. Le football ne doit jamais s’arrêter. C’est la règle numéro 1 : le football est une industrie", avait-il déclaré dans Libération il y a quelques mois. Il avait alors ajouté une question qui avait choqué une partie de l’Italie : "Pensez-vous qu’il y ait une industrie qui ferme ses usines et qui ne sait pas quand elle les rouvre ?" Depuis les discussions se poursuivent. Les actes de violences aussi.
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