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Pour la première fois depuis le début du tournoi, le Ghana doit changer de décor. Fini l’ambiance oppressante de la capitale, place à la quiétude de la provinciale Kumasi. Privés de finale jeudi par le Cameroun, les Black Stars n’en sont pas moins libérés désormais de toute pression. Leur rêve de sacre continental envolé, ils doivent décrocher devant la Côte d’Ivoire une troisième place qui sauverait les meubles. Et pout défier les Éléphants en fin d’après-midi aujourd’hui, le sélectionneur du Ghana, Claude Le Roy, peut compter sur le retour de son capitaine, John Mensah, suspendu pour la demi-finale de jeudi contre les Lions indomptables.
Ce retour implique beaucoup de choses, pour une équipe qui a manqué devant le Cameroun de percussion offensive lorsqu’il s’est agit de décrocher son billet pour une finale, qui lui tendait pourtant les bras. Privé du défenseur rennais, capitaine de l’équipe, Claude Le Roy avait décidé de le remplacer dans l’axe de sa défense par son milieu récupérateur et moteur de l’équipe, Michael Essien. Le choix reste cohérent dès lors qu’il s’agit de préserver la stabilité d’une défense peu perméable depuis le début du tournoi (ndlr : trois buts en cinq matchs). Mais pour ce qui est de l’animation offensive, la sanction d’une telle stratégie ne s’est pas faite attendre.
Puissance maladroite
En se privant du joueur de Chelsea au milieu de terrain, Claude Le Roy a sacrifié la création de ses phases de jeu offensive. Loin des buts adverses contre le Cameroun pour tenir une défense orpheline de son capitaine, Michael Essien n’a pas pu peser sur les attaques de son équipe comme il avait su le faire lors des matchs précédents. Et en plaçant l’ancien Lyonnais derrière, Claude Le Roy a été contraint de faire reculer Sulley Muntari pour prendre sa place devant la défense. La titularisation d’André Ayew, côté gauche, n’a pas permis d’assurer aux ailes ghanéennes la force de percussion largement entrevue lors des matchs précédents.
La configuration tactique ghanéenne présentée devant le Cameroun a démontré les limites de l’effectif des Black Stars, en difficulté dès lors qu’il s’agit de remplacer un cadre. Éloigner Muntari et Essien du but adverse a signé l’arrêt de mort d’une équipe qui ne visait rien d’autre que le sacre continental. S’en remettre à la puissance maladroite de Manuel Agogo ou à la jeune fougue d’André Ayew, en revenait à tenter un grand coup de poker. Et la chance n’a pas tourné en faveur des locaux, le Cameroun crucifiant le Ghana sur l’une de ses très rares occasions jeudi.
Sous la pluie de Kumasi hier soir à l’entraînement, Claude Le Roy était tout heureux de pouvoir mettre en place sa colonne vertébrale classique avec Michael Essien placé devant la défense et donc devant John Mensah. Très motivés à l’idée d’aller chercher une troisième place nécessaire pour consoler une nation qui attendait un sacre programmé, les Black Stars sont d’autant plus sûrs de leur victoire sur la Côte d’Ivoire qu’ils ont retrouvé leur ossature. À onze, le Ghana de 2008 est capable d’aller chercher de l’or. Pas à 23.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |