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Ricardo a rarement vécu des soirées comme celle qu’il a subie hier soir au stade Louis II. La dernière remonte à 1997 et à la gifle reçue par le Paris-Saint Germain face à la Juventus de Turin en Supercoupe d’Europe (6-1). Cette fois c’est Monaco qui lui a offert l’un des pires moments de sa carrière d’entraîneur, en explosant totalement en deuxième mi-temps de son match face à Bordeaux. "C’est une soirée cauchemardesque. On a eu droit à tout. Le match était assez équilibré en première mi-temps et en seconde, Bordeaux a tout de suite imposé son jeu (…) et profité de notre déséquilibre complet. On n’a pas le droit de prendre six buts en une mi-temps", se lamentait le technicien brésilien en conférence de presse. Dans ces circonstances, les défenseurs sont les premiers mis en cause, d’autant plus que pour la énième fois, la formule défensive a été changée hier soir à Louis II. Pourtant ce n’est pas seulement l’arrière-garde qu’il faut blâmer. Pour Ricardo comme pour ses joueurs, la faillite à été collective.
"On a été complètement débordés surtout en deuxième mi-temps. En première mi-temps on a fait le boulot qu’il fallait. On avait bien abordé ce match. À 3-0 à un quart d’heure de la fin plus un expulsé, ça fait beaucoup. Il restait encore trente minutes et là on s’est fait déborder", regrette Frédéric Piquionne. Il est évident que Bordeaux a fait preuve de réalisme en inscrivant ses deux premiers buts quasiment sur les deux premières occasions du match. Mais en face, l’AS Monaco n’a pas opposé un bloc véritablement solidaire. En défense, la charnière centrale s’est ainsi souvent retrouvée bien esseulée face aux attaquants adverses, les latéraux se trouvant plus que régulièrement pris de vitesse par Alejandro Alonso, Wendel, David Bellion ou Fernando Cavenaghi. Mais c’est surtout la facilité avec laquelle Bordeaux a pu se présenter très régulièrement en surnombre, avec trois ou quatre joueurs offensifs en deuxième mi-temps, qui a de quoi inquiéter Ricardo et le club de la Principauté.
Un milieu orphelin
Les vieux démons de la première partie de la saison, durant laquelle le milieu de terrain monégasque laissait des espaces béants, ont en effet ressurgi avec force hier soir à Louis II. Privé de Diego Perez, expulsé peu après l’heure de jeu, et surtout sans Nenê ni Jerko Leko, Monaco n’a plus eu aucun joueur en mesure de s’imposer physiquement pour récupérer et conserver la balle au milieu du terrain, et empêcher les Bordelais de s’avancer. "Après le changement de Leko par Gakpé et l’expulsion de Perez c’est devenu impossible, injouable. Il n’y avait plus d’autre joueur doué pour la récupération", concède Ricardo. Le pari de jouer l’offensive à tout prix n’a pas fonctionné. Il a même précipité la fin des espoirs monégasques.
L’entrée de Sergio Almiron pour densifier le milieu de terrain n’a rien changé, collectivement, l’AS Monaco n’a pas eu les moyens de faire face à la furia bordelaise, bien plus déterminée et physiquement plus percutante. "Ce soir, on a révélé notre déséquilibre. Face à des équipes qui ont un jeu construit on a du mal à faire face", lâche Ricardo. Le vide au milieu de terrain n’a jamais été comblé et la puissance bordelaise a pu s’exprimer sans que les joueurs de Monaco ne parvienne à rester soudés. "On peut s’en relever mais il va falloir être costauds dans les têtes, il va falloir former un groupe", assure toutefois Frédéric Piquionne. Quant à Ricardo, il espère ne pas subir la loi d’une de ses anciennes équipes, le Paris Saint-Germain, pour la deuxième fois en moins d’une semaine…
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |