Michalak se fait une place au soleil
Le XV de France entre espoirs et reconstruction
Les Bleus finissent mal
Le XV de France sur la touche
Un retour aux sources face aux Gallois
Barcella le pilier du futur
Marc Lièvremont espérait secrètement frapper un grand coup d’entrée. Montrer à tous les observateurs que sa politique de rupture avec l’ère Laporte ne tarderait pas à porter ses fruits en remportant le Tournoi des VI Nations 2008. Le nouveau sélectionneur de l’équipe de France n’est pas passé si loin de la réussite. Mais malgré l’enthousiasme soulevé par le jeu proposé par les Bleus, ces derniers ont terminé la compétition à leur plus mauvaise place depuis 2003, la troisième, dépassés in extremis par les vice-champions du monde anglais. "Le résultat est décevant. J’aurais évidemment préféré terminer deuxième. J’aurais surtout préféré gagner aujourd’hui et remporter le Grand Chelem à la place du pays de Galles" plaisantait l’ancien Dacquois d’un rire jaune, se voulant toutefois très optimiste.
"La grosse satisfaction sur l’ensemble du Tournoi, c’est l’investissement des joueurs sur le fond et sur la forme, la façon dont ils adhèrent au projet." Troisième attaque de la compétition avec 103 points inscrits en cinq rencontres, l’attaque tricolore a effectivement montré de l’enthousiasme, notamment lors des trois premiers matchs du tournoi. Au point même que les critiques sur un jeu un peu trop osé, voire suicidaire, en tout cas manquant d’alternance, se sont faites sentir en fin de tournoi.
Un manque de repères évident
Car malgré cette bonne volonté, le manque de cohésion et d’homogénéité d’un groupe en pleine reconstruction n’a pas été anodin. Pourtant, malgré une conquête parfois défaillante, que ce soit en mêlée, notamment face à l’Irlande ou l’Angleterre, ou en touche, face à l’Italie, les arrières tricolores n’ont pas manqué de munitions. Mais hormis les éclairs de Vincent Clerc ou Cédric Heymans en début de tournoi, ou de Julien Malzieu et Anthony Floch sur la fin, les lignes arrières tricolores ont souvent pêché par manque de consistance, multipliant les erreurs ou les mauvais choix. "Je ne pense pas que nous ayons pris tant de risques que ça à l’entame de la rencontre en renvoyant dès nos 22. Le truc, c’est que les défenses sont maintenant très hautes. Il aurait peut-être fallu plus jouer au pied", concédait ainsi le capitaine du XV de France, Lionel Nallet.
Le manque de repères des Bleus s’est notamment vu face à des formations aux défenses très bien en place, comme celles de l’Angleterre ou du Pays de Galles. Face à ce dernier notamment, la défense inversée qu’a rencontré l’équipe de France lui a été fatale. Les Gallois ont parfaitement bloqué les ailes. Et sans leur principale arme, les Bleus se sont retrouvés fort dépourvus, comme face à un mur. Malgré l’apport des avants, et notamment de Dimitri Szarzewski pour créer des brèches, l’équipe de France s’est trouvée sans ressources face à la défense galloise. Ni les centres, ni les ailiers n’ont réussi à faire la différence, proposant souvent un jeu trop à plat pour passer le rideau défensif adverse.
Du temps pour travailler
Fallait-il pourtant s’attendre à mieux ? Avec 34 joueurs utilisés en cinq rencontres et un turn-over très important, entre des joueurs qui ont dû prendre leurs marques ensemble depuis à peine un mois et demi, il ne fallait pas croire qu’une équipe déjà bien rôdée pourrait évoluer sur les terrains européens. "Nous manquons de repères. C’est un groupe en construction. Moi-même je n’étais pas de tous les matchs. Et pour tout dire, je ne trouve pas que troisième sur six, ce soit si mauvais pour un groupe en pleine construction", confirme Julien Malzieu, l’une des révélations du tournoi. Rome ne s’est pas faite en un jour, et l’équipe de France ne trouvera pas son rythme de croisière en quelques semaines. Le staff dirigeant des Bleus parle déjà de la tournée en Australie pour continuer le travail de reconstruction de l’équipe, mais l’absence des demi-finalistes du championnat pourrait rendre la tâche particulièrement difficile. C’est donc sur la durée qu’il faut miser. Avec pour objectif, la Coupe du monde 2011, quitte à subir quelques difficiles revers d’ici là…
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |