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Le XV de France sur la touche
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Marc Liévremont veut tourner la page. Marquer l’équipe de France de son empreinte. Faire oublier Bernard Laporte et ses huit ans à la tête des Bleus. Quoi de mieux pour cela que de nommer à la tête du XV tricolore un joueur naguère relégué sur le banc par son prédécesseur ? Ne disposant pas du profil propre à se fondre dans le schéma de jeu de l’ancien sélectionneur, Lionel Nallet a ainsi vécu la Coupe du monde en tant que joker de luxe. Malgré de jolies prestations durant la phase de poule, notamment face à la Namibie (deux essais) ou la Géorgie (un essai), le deuxième ligne n’avait pas eu la chance de disputer les matchs de phase finale, si ce n’est la rencontre pour la troisième place entre la France et l’Argentine et n’a pas participé pleinement à l’aventure. "J’aurais aimé avoir plus de temps de jeu. Mais c’est normal, je n’étais pas tout seul, c’était pareil pour tout le monde, on était plusieurs à vivre cette situation" explique-t-il avec le recul, sans toutefois parler de revanche.
Malgré un excellent tournoi des VI Nations 2007 et une saison difficile collectivement avec Castres, mais individuellement brillante, il n’avait pas réussi à trouver sa place en équipe de France. L’aura et l’expérience de Fabien Pelous, la force et la robustesse de Jérôme Thion ont laissé Lionel Nallet sur le banc. Pur spécialiste du poste, il a été l’une des victimes du replacement de Sébastien Chabal en deuxième ligne et surtout de la tempête médiatique qui a soutenu le joueur de Sale. Oublié par ses dirigeants, Lionel Nallet n’a en revanche jamais été oublié par ses pairs qui ont fait de lui le meilleur international de l’année 2007.
Une expérience nécessaire
Mais plus que le symbole, Marc Liévremont cherche surtout à créer une rupture au niveau du jeu. Si Bernard Laporte comptait avant tout sur la solidité de Jérôme Thion en mêlée fermée, le nouveau sélectionneur national semble privilégier la vivacité de Lionel Nallet. Âpre au combat, le Castrais n’en reste pas moins un excellent perforateur, rapide et percutant, qui cherche à aller constamment de l’avant. Le message est donc fort. Il ne s’agira pas, pour la ligne d’avants, de se contenter de défendre son territoire mais bien d’être les premiers acteurs de l’offensive tricolore.
Marc Liévremont et Émile N’Tamack souhaitent construire pour l’avenir, notamment en vue de la Coupe du monde 2011. Or, Lionel Nallet aura 35 ans lors du prochain Mondial, ce qui a valu au staff dirigeant de l’équipe de France quelques interrogations supplémentaires quant au choix du Castrais. "L’exemple de Lionel Nallet est peut-être un contre-pied à ceux qui pensaient que l’on voulait absolument faire de la place aux jeunes. Lionel a 31 ans et il est performant" assume Marc Liévremont. Pour gérer une équipe d’internationaux, pour beaucoup expérimentés, il fallait un meneur d’hommes, qui dispose d’une expérience certaine, plutôt qu’un jeune joueur, qui n’aurait pas forcément eu les épaules d’assumer immédiatement la pression de la fonction. "Cela veut dire que même si nous avons un œil vers 2011, le Tournoi 2008 nous intéresse. Certes, on construit sur l’avenir mais on ne peut pas assurer que Lionel Nallet sera au Mondial 2011." En attendant, il disputera le prochain Tournoi des VI Nations et inaugurera son tout nouveau brassard de capitaine le 2 février, face à l’Écosse à Murrayfield.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |