Hernandez fait durer la magie
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Comme il fallait s’y attendre, la Coupe du monde a joué son rôle de révélateur. Après une superbe saison en club, au Stade Français, on savait Juan Martin Hernandez en grande forme. Il l’a confirmé avec l’équipe nationale d’Argentine qu’il a contribué à mener jusqu’à la troisième place de la compétition. Le Parisien a surtout étayé une théorie qui faisait son chemin depuis plusieurs mois : il est devenu quasiment incontournable à l’ouverture. S’il a fait ses armes à l’arrière et acquis l’aura dont il dispose aujourd’hui par ses performances à ce poste, c’est à l’ouverture qu’il parvient à s’exprimer totalement. Fabien Galthié, son entraîneur, l’avait d’ailleurs bien compris en le titularisant à plusieurs reprises au sein de la charnière, que ce soit pour pallier des absences ou pour apporter une dose de surprise supplémentaire au jeu parisien. Aujourd’hui cependant, l’explosion de l’Argentin à ce poste soulève quelques interrogations sur la concurrence établie de fait avec David Skrela.
Hernandez un ton au-dessus
Titulaire depuis le début de la saison, le Tricolore risque en effet de subir de plein fouet le retour de son coéquipier. Pour le moment, et notamment face à Bayonne pour la troisième journée du championnat, le problème ne se pose pas : privé de vacances entre la Coupe du monde et la reprise du Top 14, l’international tricolore est laissé pour quelques temps au repos. Mais dès lors qu’il sera de nouveau opérationnel, le dilemme s’imposera à Fabien Galthié. Sans avoir été exceptionnel, David Skrela a en effet rempli son contrat depuis le début de la saison, avec sérieux et abnégation. S’il a connu quelques problèmes de réglage au pied, notamment le week-end dernier à Bristol en Coupe d’Europe où il a joué fiévreux, il a bien tenu sa place au sein de l’effectif parisien.
Toujours aussi précieux en défense grâce à son rendement impressionnant au placage, le Français n’est toutefois pas sur la même dynamique que son coéquipier argentin. Très peu utilisé durant la Coupe du monde, il a montré quelques signes de faiblesse lors des matchs sous pression et a perdu un peu de la confiance. Aussi, il souffre de la comparaison face à un joueur capable d’apporter une petite dose de piment supplémentaire à son jeu et de faire la différence à n’importe quel moment. Plus créatif et surtout plus instinctif, le jeu collectif de Juan Martin Hernandez est plus à même de surprendre l’adversaire.
Skrela pourrait payer sa polyvalence
Difficile dans ces conditions de faire un choix quand on possède deux joueurs de ce niveau au sein de son effectif. Efficace, solide, David Skrela s’avère être un joueur qui peut user les défenses par son activité. Le grain de folie est en revanche davantage une marque de fabrique de Juan Martin Hernandez dont les inspirations peuvent s’avérer salutaires lors de matchs serrés. Les qualités des deux joueurs risquent donc fort d’être exploitées en alternance. La saison est longue et les matchs nombreux, chacun aura donc sa chance d’occuper le poste d’ouvreur au Stade Français, même si ce dernier devrait revenir plus régulièrement à Juan Martin Hernandez, notamment grâce aux certitudes qu’il a acquises à ce poste en Coupe du monde.
S’il est resté au Stade Français, c’est pour s’exprimer à un poste qu’il réclamait depuis plusieurs mois. Et dans la mesure où David Skrela affiche sa polyvalence et peut jouer au centre, voire avec moins d’efficacité, à l’arrière, c’est lui qui pourrait le plus souvent faire les frais de la forme de son coéquipier. "Quand il faut dépanner, il faut aussi savoir se mettre au service de l’équipe. Cette fois, c’était arrière, on verra au fil de la saison..." plaisantait-il après le premier match des champions de France face à Clermont durant lequel il avait joué à l’arrière en seconde période. Il pourrait dépanner son équipe plus souvent qu’il ne l’escomptait…
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |