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L’Égypte a donné une leçon de football au continent africain tout entier. Lancée avec ses grands noms comme Michael Essien pour le Ghana, Samuel Eto’o pour le Cameroun ou encore Didier Drogba pour la Côte d’Ivoire, la 26e édition de la Coupe d’Afrique des nations semblait avoir choisi son vainqueur parmi ces trois nations avant même que l’épreuve ne commence. Mais face aux individualités citées, la force du collectif égyptien a su faire la différence. Le football en sort grandit. Les Pharaons, du lever au coucher de la compétition, ont prouvé qu’une équipe bien huilée peut déjouer tous les pronostics.
Sur la pelouse d’Accra cet après-midi, les hommes d’Hassan Shahata ont démontré une énième fois combien un jeu fait de passes courtes peut contrecarrer la puissance athlétique adverse. En plus d’être particulièrement habiles dans la conservation du ballon, les Pharaons font preuve d’une étonnante capacité à tenir les duels malgré de petits gabarits au sein du groupe, comme Ahmed Fathy, excellent en demi-finale contre la Côte d’Ivoire, et irréprochable aujourd’hui dans son couloir droit au marquage d’Alain Nkong.
La révélation Aboutrika
Et si l’Égypte tient aussi bien la balle, c’est parce qu’elle possède plusieurs meneurs capables d’orienter le jeu à leur guise, de le ralentir ou de l’accélérer quand bon leur semble. À la botte, Ahmed Hassan et Abrabou Hosny. Les deux joueurs assurent à eux seuls la fluidité du jeu des Pharaons, desservant formidablement l’esprit offensif impulsé par le 4-4-2 mis en place par Hassan Shahata. Devant, la puissance d’Amr Zaky, avaleuse d’espaces, et la technique de Mohamed Aboutrika, déstabilisatrice, se chargent de faire la différence.
Ce dernier, héros de la finale avec son but salvateur à la 76e minute de jeu et révélation du tournoi pour l’ensemble des observateurs qui ont suivi le parcours de l’Égypte, a encore une fois posé beaucoup de problèmes à ses adversaires. La défense camerounaise a failli craquer à de nombreuses reprises sur ses tentatives qui ponctuaient chaque fois de beaux mouvements collectifs (13e,19e, 21e, 32e et 72e). Heureusement pour les Lions indomptables, le Cameroun a pu compter sur le talent de son gardien, Idriss Kameni connu du grand public, mais qui a su confirmer tout son potentiel, pour ne pas recevoir une nouvelle seconde claque égyptienne après celle reçue lors de son premier match (2-4).
Sixième couronne africaine
Et le talent du portier camerounais est loin de trouver écho auprès du jeu pratiqué par ses coéquipiers. Positionné en 4-5-1, avec le seul Samuel Eto’o en pointe, les hommes d’Otto Pfister ont déçu, se contentant de dégager le ballon loin dès lors qu’ils venaient de le récupérer. La différence de niveau entre les deux équipes était d’autant plus flagrante en deuxième mi-temps, que les Camerounais laissaient apparaître de nombreux signes de fatigue, entre les crampes de Stéphane M’Bia, l’allure nonchalante de Thimothee Atouba sur la fin du match, ou encore les douleurs de Samuel Eto’o.
L’Égypte fait incontestablement un beau champion d’Afrique, elle qui prône le collectif et peut si bien organiser son schéma de jeu grâce à un groupe homogène. Son sixième sacre continental, un record, le Cameroun et le Ghana restant bloqués à quatre titres, n’est que juste récompense. L’humilité du groupe égyptien, son goût pour le travail bien fait et une solide capacité à rester concentré tout au long d’un tournoi sont autant d’atouts dont les Pharaons devront se servir pour l’avenir. En 2010, ils seront attendus en Angola pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations, mais aussi en Afrique du Sud pour la première Coupe du monde organisée sur le continent.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |