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Dans une atmosphère sinistre, au sein d’une triste Serie A, où suspense et crédibilité s’étaient envolés, la belle histoire de Fabio Quagliarella a enchanté les Italiens. L’épopée d’un petit Napolitain, originaire de Castellammare di Stabia sur la péninsule de Sorrente, qui s’est exilé à treize ans dans le nord de l’Italie, pour réussir une carrière de footballeur. Onze années plus tard, le bambin devenu joueur professionnel est convoité par les plus grands clubs italiens, le Milan AC et la Juventus de Turin, et européen, Manchester United. En une saison, Fabio Quagliarella a atteint tous ses objectifs, dont le plus important qui trônait au dessus de son lit sur le poster de Diego Maradona : "Je ne serais jamais un homme commun".
Un garçon humble, soutenu par sa famille
L’attaquant de la Sampdoria de Gênes n’est pas un génie du football, comme on pourrait qualifier les Lionel Messi ou autre Zinedine Zidane, qui possèdent un touché de balle hors du commun. Non, Fabio Quagliarella est de ces joueurs complets, dotés d’un excellent sens du but, rapides, déterminés et bons techniquement. Il possède toutes les armes pour faire la différence, et accomplir sa tâche : marquer. Son ascension tardive souligne sa combativité pour arriver à ce niveau et sa croyance constante au travail. "Fabio est un garçon incroyablement humble, arrivé à ses fins à force de travail et d’heures passées sur les terrains d’entraînement" souligne d’ailleurs Walter Novellino, son entraîneur à la Sampdoria. Un élément l’a aussi accompagné durant son parcours de combattant dans les fins fonds du football italien, sa famille. Une valeur inhérente à tout Italien, et qui contribue à faire de sa réussite, un succès transalpin. "J’ai de la chance d’avoir derrière moi une famille comme la mienne", reconnaît-il aujourd’hui.
Son ascension a été longue et laborieuse. Formé au Torino, il y débute en Serie A le 14 mai 2000 contre Piacenza (2-1), à seulement 17 ans. Peut-être trop tôt pensent certains, et c’est, en effet, le début d’un long parcours ponctué de nombreuses embûches. Fabio Quagliarella enchaîne les clubs et les divisions : Fiorentina (alors en Serie C2, quatrième division, 1 but en 12 matches), Chieti (Serie C1, troisième division, 19 buts en 43 rencontres), Torino (Serie B, 8 buts en 36 matchs) et Ascoli (Serie A, 3 buts en 33 matchs). "Je suis un petit escargot. J’arrive tout doucement", commente-t-il avec ironie. À la fin de la saison 2005/2006, il s’apprête à retourner à l’Udinese, propriétaire de son contrat, mais le président génois parvient à s’attacher ses services.
Des buts splendides
À partir d’octobre 2006, le Calcio médusé assiste au réveil d’une nouvelle star. Une louche et un missile de 30 mètres contre l’Atalanta, une bicyclette contre la Reggiana, une reprise de volée et un coup de tête victorieux contre Livourne et le chef-d’œuvre contre le Chievo Verone avec un but du centre du terrain. Quagliarella est arrivé ! Auteur de neuf buts en 16 matchs à la fin 2006, il termine la saison avec 13 réalisations à son compteur, dont parmi les plus beaux enchainements de Serie A. Roberto Donadoni observe le phénomène, et le sélectionne à plusieurs reprises pour lui offrir sa première titularisation contre la Lituanie. Après avoir éclaboussé l’Italie, Fabio Quagliarella sort de l’inconnu pour l’Europe entière, en inscrivant un doublé d’une frappe de 25 mètres, et d’une reprise excentrée à l’entrée de la surface. "Je ne rêve pas" exulte-t-il en se jetant dans les bras de Fabio Cannavaro.
La révélation de l’Euro 2008 ?
Mûr, et modeste, il reste naturel, et souhaite demeurer en Italie afin d’obtenir sa place pour l’Euro 2008. "L’important est de continuer à jouer. Je suis arrivé à ce niveau à force de travail mais je sais que le plus difficile désormais sera de confirmer" confie t-il lorsqu’on évoque un départ pour un grand club. Il retourne finalement à Udinese cet été, où il forme un duo d’attaque alléchant avec Antonio Di Natale, et sera présent avec la Squadra Azzurra à San Siro, samedi soir contre la France. Reste à espérer pour les Français que s’il honore sa deuxième titularisation, ce sera avec moins de succès que sa première sortie internationale, en attendant l’Euro, où il pourrait s’affirmer comme l’une des révélations de la compétition.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |