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C’est le plus âgé et le plus expérimenté des débutants. À 29 ans, Sébastien Bourdais ne pensait même jamais pouvoir un jour se placer derrière le volant d’une Formule 1 en compétition. En fin de saison dernière toutefois, tout s’est précipité et le quadruple champion de Champ Car a finalement été engagé par Toro Rosso, devenant le premier Français à obtenir un baquet de pilote titulaire au sein d’une écurie de F1 depuis quatre ans et Olivier Panis.
Un statut qui augmente la pression sur ses épaules pour aborder le plus grand défi de sa carrière, et rend encore plus difficile son adaptation à une nouvelle discipline. "Il y a un peu d’adaptation nécessaire, mais dans l’ensemble, ça se passe très bien. J’ai eu la chance de beaucoup rouler cet hiver, quelque chose comme 7 000 kilomètres, alors maintenant je me sens à l’aise mais il me reste pas mal de choses à découvrir : beaucoup de nouveaux circuits, une nouvelle organisation, un nouveau format de qualifications" expliquait-il ce matin après ses premières séances d’essais libres lors desquelles il a signé les 14e et 20e temps.
Une discipline totalement différente
Plus que tout autre, Sébastien Bourdais doit en effet s’adapter à sa nouvelle vie. Une voiture différente, des repères totalement chamboulés et des nouveaux réflexes à prendre, le pilote français n’est pas de ceux qui, comme les deux autres débutants, Nelson Piquet Jr ou Kazuki Nakajima, vivent dans la Formule 1 depuis plusieurs mois voire plusieurs années. Le champion de Champ Car peut toutefois compter sur un pilotage aguerri aux États-Unis, sans aides électroniques, ce qui lui permet de ne pas être totalement dépaysé pour son arrivée au sein de la discipline la plus prestigieuse des sports automobiles. C’est également à un autre défi que le Français doit s’habituer. Abonné aux victoires et podiums ces quatre dernières années, il disposait d’un matériel qui lui permettait de se frotter aux meilleurs à chacune des courses. Cette saison, et probablement les saisons à venir, le Tricolore ne sera plus dans les mêmes conditions et devra donc de nouveau lutter... pour les places d’honneur.
Loin de le rebuter, ce défi semble au contraire le motiver plus que jamais et lui offrir les sensations qu’il cherchait en toquant à la porte de la F1. "Nous disposons d’une voiture de milieu de tableau, potentiellement capable d’atteindre la 12e place et nous espérons la pousser dans les points. Ce serait encore plus satisfaisant que de gagner avec une voiture qui est capable de le faire quoiqu’il arrive. Je l’ai fait pendant quatre ans, maintenant c’est un autre défi." Le Français a mis du temps à entrer dans le petit monde de la Formule 1, il espère désormais y laisser son empreinte en parvenant à marquer des points et à réaliser quelques belles performances avec une voiture qui n’est pas parmi les meilleures, mais qu’il pense pouvoir pousser plus haut grâce à son pilotage. "Nous n’allons pas gagner des courses, et probablement jamais gagner le championnat du monde dans les conditions actuelles, mais nous voulons grandir ensemble et nous améliorer pour être compétitif" martèle-t-il encore. Si les résultats ne sont pas totalement secondaires pour lui, il mise davantage sur la régularité de ses progrès. Avec pourquoi pas quelques belles surprises à la clé.
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