samedi 4 juillet 2009


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Football - Marseille
Retour sur la victoire à Anfield
Le premier effet Gerets
La Page des Sports - Le 4 octobre 2007

Au-delà de la victoire historique décrochée sur la pelouse d’Anfield (1-0), la belle prestation marseillaise à Liverpool confirme le choix tactique adopté par le nouvel entraîneur de l’OM qui, en densifiant son entrejeu, a permis à sa formation de faire preuve de solidité et de maîtriser la rencontre face à un grand d’Europe.


Cette troisième victoire de la saison dégage un parfum bien différent des deux premières. Le pédigrée de l’adversaire hier soir n’était pas le même que celui des deux premières victimes de l’OM. Cela ajoute un certain charme au succès. D’autant plus que la performance collective phocéenne a été à la hauteur des espérances nées d’un été encourageant, tant du fait de son recrutement que d’une série de matchs amicaux séduisants.

Sans pour autant modifier en profondeur le dispositif du désormais ancien entraîneur de Marseille, Albert Émon, le nouveau mentor olympien, Eric Gerets a su apporter les retouches nécessaires pour empêcher le FC Liverpool de s’installer dans la rencontre et d’imposer son jeu. La clé de la rencontre se trouvait au milieu de terrain, l’un des points forts de la formation anglaise du fait du volume de jeu de son maître à jouer, Steven Gerrard. Avec deux ailiers redescendus d’un cran pour épauler l’entrejeu, l’OM a obligé le capitaine des Reds à se concentrer avant tout à ses tâches défensives, plutôt que de chercher à organiser l’attaque.

La discrétion de Crouch et Torres

L’absence offensive de Steven Gerrard a résulté en une incapacité de Liverpool à peser durablement sur la défense phocéenne. En août, Toulouse avait pris l’eau notamment du fait de ses difficultés à se porter vers l’avant, et donc à offrir du répit à son arrière-garde. Mais hier soir, hormis à travers un défi physique indéniablement à l’avantage des Britanniques, Peter Crouch et Fernando Torres n’ont guère été en vue, faute d’approvisionnement régulier en ballons exploitables. En revanche, de l’autre côté de la pelouse, les joueurs offensifs marseillais se sont délectés de leurs opportunités.

Longtemps englués dans la défense des Reds, les trois milieux offensifs de l’Olympique de Marseille, Karim Ziani, Boudewijn Zenden et Mathieu Valbuena, ont progressivement pris le pas sur le système défensif des Reds. En fin de première période, le jeu en profondeur afin d’exploiter la relative lenteur des arrières de Liverpool grâce à la puissance de Mamadou Niang, aurait pu permettre à l’OM d’ouvrir le score. Le duo Hyypia-Carragher a éprouvé les pires difficultés à surveiller les départs dans son dos et donc à contenir l’avant-centre olympien lorsque celui-ci ne recevait pas la balle dans les pieds.

Une emprise sur la rencontre

Le poids offensif de Mamadou Niang a naturellement créé des espaces dans l’entrejeu pour les créateurs marseillais. Les permutations régulières entre Mathieu Valbuena et Karim Ziani ont grandement contribué à étirer le bloc défensif de Liverpool, malgré une absence ponctuelle de présence sur les ailes que n’ont pu combler les montées des deux arrières latéraux, Taye Taiwo et Laurent Bonnart. Et presque naturellement, lorsque les Reds ont voulu accélérer le jeu et reprendre le contrôle de la rencontre, les espaces se sont accentués dans leur moitié de terrain, offrant l’opportunité aux milieux marseillais d’exprimer leur qualité technique. Un scénario presque trop rare cette année.

Face à Strasbourg et Caen, la supériorité technique des Phocéens avait suinté, mais sans engendrer de véritable sérénité dans le jeu. En Alsace, ils s’étaient embourbés (0-0) tandis qu’en Normandie, ils n’avaient pas sorti la tête de l’eau, préservant presque miraculeusement une courte victoire (2-1), notamment grâce à deux barres d’Anthony Deroin. Hier soir, l’OM a su mettre à profit son aisance technique pour s’installer dans la moitié de terrain adverse, et imposer un pressing très haut. Ne parvenant plus à multiplier les relances propres, l’arrière-garde de Liverpool a fini par prendre l’eau sur un ballon revenu aussi vite qu’il était parti.

Si les deux formations ont effectué un nombre similaire de frappes au but (13), la forte domination de l’OM au niveau des tirs cadrés (huit contre deux) traduit l’emprise olympienne sur la rencontre. Une nouvelle fois, après sa victoire l’an passé avec Galatasaray (3-2), Eric Gerets a su mettre en place un dispositif tactique déstabilisant la formation de Rafael Benitez. S’il ne s’agit évidemment que d’un match, le sérieux et la solidité affichés sur la pelouse d’Anfield permettent d’envisager l’avenir avec une certaine confiance. Malgré un statut de convalescent…

Thomas Mélin

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