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Le service-volée tente un retour gagnant
"Quand j’étais petit, je me rappelle que mon entraîneur me disait toujours : fais des services-volées comme Krajicek ! " La remarque de Michael Llodra, qui a fait sourire le public hollandais après la victoire du Français à l’Open de Rotterdam, n’est pas anodine. Le Parisien, 37e joueur à l’ATP et vainqueur dimanche de son deuxième tournoi de la saison, revendique un style de jeu qui essaie de revenir aujourd’hui sur le devant de la scène tennistique.
"L’avantage est à ceux qui retournent bien"
Peu en réussite depuis les retraites sportives de Pete Sampras, Boris Becker, Goran Ivanisevic, Stefan Edberg et autre Michael Stich, le service-volée ne tient plus aujourd’hui la place de choix qu’il occupait dans le tennis mondial. Les héritiers de ces joueurs comme les Britanniques Tim Henman et Greg Rusedski, l’Australien Mark Philippoussis ou encore le Suédois Jonas Bjorkman n’ont pas eu le palmarès de leurs prédécesseurs. Pire, l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, Roger Federer, très offensif au début de sa carrière, s’est forcé à compléter son jeu au détriment de l’attaque, afin d’étendre sa domination à toutes les surfaces et devenir le joueur quasiment sans failles que l’on connaît.
Il faut dire qu’à la faveur d’une plus grande couverture télévisuelle du circuit ATP, les organisateurs des tournois n’ont cessé de rendre plus lentes les surfaces de jeu depuis le début de la décennie. Les joueurs se plaignent même d’une baisse de la rapidité du gazon de Wimbledon, pourtant considéré comme sacré par les amateurs du jeu offensif. "Les balles sont devenues plus pelucheuses, plus grosses et plus lourdes. Avec en plus les progrès technologiques des raquettes et des cordages. Tout cela mis ensemble donne l’avantage à ceux qui retournent bien, car ils peuvent frapper sans que la balle ne sorte", expliquait l’année dernière le Biélorusse Max Mirnyi, pur serveur-volleyeur.
Llodra sur les traces de Forget
Face à de telles conditions de jeu, et confrontés à une pléiade de joueurs spécialisés dans la défense et pouvant exécuter retours et passings à la perfection, on pensait le service-volée enterré pour de bon. Mais alors que la saison de tournois sur dur bat son plein, une surface qui ne favorise aucun des différents styles de tennis, les attaquants sont revenus au premier plan la semaine dernière. Avec Michaël Llodra et Andy Roddick vainqueurs à Rotterdam et San Jose, Robin Soderling et Radek Stepanek finalistes, ces résultats sonnent comme une victoire pour les amateurs de montées au filet. D’autant plus que ces tennismen n’ont jamais renié leur manière de jouer, devenue aujourd’hui si atypique. "Quand vous voyez l’adversaire courir partout et ne pas réussir à vous passer, cela vous récompense de toutes ces années passées à travailler vos volées. Cela donne confiance dans le travail qu’on a fait", affirme Max Mirnyi.
Cependant, les attaquants sont encore loin de dominer le tennis mondial. Leur meilleur représentant, l’Américain Andy Roddick, plus connu néanmoins pour son service que pour son jeu de volée, n’est aujourd’hui que sixième mondial, alors qu’il dominait le circuit fin 2003 avant l’avènement du maître, Roger Federer. En France, on mise plutôt sur Michaël Llodra, qui a gagné 56 places en moins de deux mois au classement ATP, et qui montre aujourd’hui qu’il possède toutes les qualités des meilleurs serveurs-volleyeurs d’antan. Erick Deblicker, entraîneur de Richard Gasquet, a d’ailleurs fait savoir à Sport365 que le vainqueur de Rotterdam lui faisait penser de plus en plus à Guy Forget, trois fois quart de finaliste à Wimbledon. "Vers 25-26 ans, Guy a eu un déclic et alors qu’il était également l’un des meilleurs joueurs de double, il est parvenu à se hisser jusque dans les cinq meilleurs joueurs mondiaux (ndlr : il a été numéro 4 en 1991). J’espère pour Michaël qu’il aura la même trajectoire". Les nostalgiques du tennis des années 1990 le souhaitent aussi.
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