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Après la première victoire du XV de France dans le tournoi des VI Nations, le staff dirigeant des Bleus avait avant tout cherché à tempérer l’enthousiasme populaire. L’équipe de France avait gagné, avait proposé du jeu, mais tout n’était pas parfait. La physionomie de la rencontre face à l’Irlande, hier au Stade de France, a confirmé les craintes de Marc Liévremont et de ses adjoints. Ils ont certes mené largement au score après 50 minutes de jeu (26-11), mais n’ont jamais totalement maîtrisé la rencontre, même au plus fort de leur domination. "On pensait avoir vu une certaine continuité, une emprise sur le jeu malgré 25 minutes difficiles en fin de rencontre. En fait on a laissé les Irlandais s’installer dans le match dès la première mi-temps en rendant beaucoup de ballons" tranche le sélectionneur national. "Ce qui nous a sauvé, c’est d’avoir utilisé à la perfection les ballons de récupération pour marquer trois essais." Ce qui les a sauvé, c’est de ne pas avoir hésité à aller toujours de l’avant.
La forme de Vincent Clerc, auteur d’un triplé, combinée à celle de Cédric Heymans, qui a marqué le quatrième essai tricolore, ou encore la vista d’Aurélien Rougerie, a bien aidé l’équipe de France à prendre le dessus. Avant le premier éclair du Toulousain, les Bleus semblaient plus à l’aise que les Irlandais, mais la partie paraissait globalement équilibrée entre deux équipes en phase d’observation. Bousculés, assommés par l’opportunisme français, les Irlandais ont toute de même inquiété les Tricolores par bribes, et auraient pu faire la différence sans ces nombreuses fautes de main et une excellente défense bleue.
Le jeu comme solution
Tant que les Tricolores ont continué à avancer et à profiter des moindres erreurs adverses pour marquer et faire parler la supériorité des lignes arrières, ils ont ainsi largement compensé ce manque d’emprise global. Mais en se montrant moins audacieux en deuxième période, ils ont permis aux Irlandais de disposer de davantage de latitudes pour attaquer, et se sont trop fortement exposés. "On s’est laissé griser, on est tombés dans une forme de facilité, on s’est bercés d’illusions en les contrant, alors qu’on était déjà dans une position attentiste. On s’est mis en danger parce qu’on a refusé d’assumer le jeu" continuait Marc Liévremont.
L’équipe de France s’est montrée particulièrement habile dès lors qu’elle doit faire le jeu. En revanche, elle peine encore à empêcher les autres équipes à profiter de ses moments de flottement, et leur offre trop de ballons. Des difficultés logiques après seulement deux semaines d’entraînement collectif. En attendant de trouver la solution pour ne pas rendre trop de ballons, les Bleus devraient suivre à la lettre un précepte davantage utilisé dans le football et qui rappelle que parfois, la meilleure défense, c’est l’attaque. C’est ainsi qu’ils priveront leurs adversaires de munitions et qu’ils continueront à avancer.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |