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La mission était impossible. Les Irlandais ont eu beau se jeter dans la bataille face à l’Argentine avec tout leur cœur, cela n’a pas suffi à leur offrir une place en quart de finale. Surtout, ces Pumas là n’auraient pas mérité d’échouer si près du but tant ils ont prouvé depuis le début de la compétition que personne, pas même l’équipe de France, ne pouvait contester leur suprématie. Bousculés, acculés dans leur 22 mètres durant les cinq premières minutes de la rencontre, pris à la gorge par des Irlandais soucieux de faire la différence rapidement, les Argentins n’ont jamais paniqué, faisant œuvre d’une maîtrise implacable pour éteindre les mèches allumées par le XV du Trèfle. Peu servi par un jeu au pied défaillant, ce dernier a rendu beaucoup trop de ballons exploitables à la sélection albiceleste sans arriver à l’empêcher de développer son jeu. Emportés par leur fougue, les Irlandais ont surtout confondu vitesse et précipitation, en attaque comme en défense, lâchant prise face à des Pumas tout aussi turbulents mais beaucoup mieux organisés.
Hernandez, chef de meute
Motivés comme jamais, les Argentins ont surtout fait preuve d’une agressivité défensive exceptionnelle. S’ils ont encaissé deux essais, ils ont récupéré bon nombre de ballons et ont surtout empêché les Irlandais de sortir des ballons propres sur tous les regroupements. Dominateurs en conquête, ils n’ont rien laissé passer à leurs adversaires, les obligeant à prendre tous les risques et donc à commettre davantage de fautes. Sur les regroupements, mêlées ouvertes et mauls, les Pumas ont ainsi récupéré dix ballons. Cette domination à la conquête leur a également permis de s’installer dans le terrain irlandais (ndlr : ils ont passé 57% du temps dans la moitié de terrain verte) et donc d’empêcher leurs adversaires de se rapprocher de leur en-but.
Collectivement au-dessus de l’Irlande, l’Argentine a également mis en avant certaines de ses individualités et notamment Juan Martin Hernandez. Dans un Parc des Princes qu’il connaît bien pour y avoir toujours brillé avec le Stade Français, l’ouvreur a une nouvelle fois ébloui. La précision ne suffit pas à son jeu au pied, il y rajoute de l’inventivité et de la créativité. Que ce soit sur ces chandelles toujours aussi dangereuses car déstabilisant les adversaires et permettant à ses coéquipiers de se replacer, ou sur ses drops tentés au meilleur des moments pour saper le moral des Irlandais. Surtout, ce replacement tant réclamé à l’ouverture s’avère de plus en payant pour l’équipe grâce au coup d’œil et aux facultés d’organisation du jeu du Parisien. La semaine prochaine, il retrouvera un nouveau stade où il a toujours connu la gloire, le Stade de France, face à l’Écosse. Avec une véritable chance d’atteindre les demi-finales et de marquer définitivement l’histoire du rugby argentin.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |