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Un sourire forcé. C’est ce qui a dû parcourir le visage des joueurs anglais au terme de la deuxième demi-finale entre l’Afrique du sud et l’Argentine. Car grâce à une victoire incontestable, l’équipe menée par Jake White a offert au XV de la Rose cette revanche qu’ils attendent depuis ce fameux match de poule où les Britanniques n’avaient pas réussi à inscrire le moindre point. Ironie de l’histoire, c’est également une revanche qui portera le Parc des Princes à ébullition vendredi prochain, l’Argentine rejoignant la France dans ce match pour la troisième place. Les Pumas ont cru à leur rêve mais la dernière étape était bien trop difficile à franchir. L’aventure s’est arrêtée là. Brutalement, sur la pelouse d’un Stade de France qui leur avait toujours porté bonheur jusqu’à dimanche soir.
Comme depuis le début de la compétition, les Argentins ont prouvé qu’ils avaient du cœur. Mais ce dernier n’était pas assez gros pour supporter les émotions d’une demi-finale de Coupe du monde. Submergés par l’émotion durant les hymnes, les Argentins n’ont pas supporté la tension durant la rencontre. Car si beaucoup d’erreurs ont émaillé le match, de part et d’autres, ce sont celles des hommes de Marcelo Loffreda qui ont été les plus coûteuses. Après quelques minutes pour régler la mire, l’Afrique du Sud a trouvé la bonne carburation pour faire régner la loi de l’expérience sur ses adversaires. Celle qui permet d’être présent aux moments clés et de ne pas payer comptant ses erreurs.
Une envie mal contrôlée
Électrique, la sélection argentine a ainsi eu du mal à canaliser son énergie. Volontaires, agressifs sur le ballon et visiblement animés d’une envie incontrôlable d’aller vers l’avant, les Pumas ont parfois confondu avec facilité vitesse et précipitation. Très souvent pris à la faute, un peu trop faciles, voire maladroits dans leurs transmissions ils ont alors ouvert des espaces énormes aux sud-Africains, à l’image du premier essai inscrit par Fourie du Preez sur une interception d’une passe bien molle de Felipe Contepomi (7e) ou de celui inscrit juste avant la mi-temps par Danie Russouw, profitant du relâchement de Juan Martin Hernandez à 22 mètres de son en-but.
Surtout, c’est à propos de leur choix et de leur adresse à l’approche des 22 mètres des Springboks que les Argentins peuvent avoir le plus de regrets. Entre les ballons lâchés trop tôt, ceux qui l’ont été trop tard, les touches perdues et les coups de pied au-dessus mal ajustés, les regrets pourront fleurir chez les Albiceleste, même si la maîtrise de l’Afrique du sud laisse à penser que la punition aurait été immédiate si l’Argentine s’était approchée un peu trop près.
Les Springboks simplement trop forts
Les Springboks ont une nouvelle fois démontré qu’il ne leur fallait pas grand-chose pour prendre le dessus. Avec des éléments comme Bryan Habana, capable d’exploiter le moindre espace, comme sur son essai de 60 mètres où il berne tout son monde par un petit coup de pied au-dessus de la défense et termine sa course dans l’en-but ou celui en fin de rencontre, JP Pietersen ou Fourie du Preez, les hommes de Jake White avaient tout pour exploiter la moindre faille adverse. Surtout qu’à tout cela, il a fallu ajouter la précision de Percy Montgomery, redevenu le métronome de l’équipe et l’abnégation de François Steyn, toujours actif sur le terrain.
Les Sud-Africains ont peut-être été chahutés en mêlée et sur les rucks et pourraient connaître quelques problèmes face aux avants anglais en finale. Ils ont certes été gênés par la sélection argentine, au moins pendant une mi-temps. Mais la physionomie du match comme le score de la rencontre témoignent de la mainmise sud-africaine sur cette demi-finale. Les Argentins n’avaient jamais battu les Springboks en onze rencontres, tout juste avaient-ils réussi par moments à contester la suprématie de leurs homologues de l’hémisphère sud. La tendance c’est encore confirmée…
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