samedi 17 mai 2008


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Lyon et sa drôle de communication
La Page des Sports - Le 26 avril 2008

La domination sur le championnat est moins nette, mais elle est encore pregnante. Pourtant, l’Olympique Lyonnais, par l’intermédiaire de son président Jean-Michel Aulas défraie une nouvelle fois la chronique en voulant boycotter la Coupe de France. Même si cela équivaut à un aveu de faiblesse…


À l’aube d’un septième titre, à seulement deux victoires d’une première Coupe de France depuis 35 ans, l’Olympique Lyonnais n’apparaît pas particulièrement serein. "Nous sommes dans un environnement où Lyon gonfle. Il faut laisser de côté cet environnement. Nous sommes à un mois de réaliser quelque chose de grand" tempêtait Grégory Coupet au micro d’OLTV, las des critiques qui montent autour de son club depuis quelques semaines et notamment après ses trois derniers matchs face à Marseille, Rennes et Strasbourg, lors desquels les sextuples champions de France ne sont pas toujours apparus comme rassurants.

Des déclarations empreintes d’une certaine colère qui s’ajoute à de Jean-Michel Aulas, quelques heures plus tard. "On prendra un malin plaisir à n’aligner personne" tonne le président de l’OL, assurant que la demi-finale de la Coupe de France face à Sedan ne se jouera pas dans des conditions normales si elle se dispute le mercredi 7 mai. Déclarer forfait ou envoyer l’équipe réserve pour accueillir les Ardennais, afin de préserver un groupe qui accueillera trois jours plus tard Nancy, voilà la position plutôt étonnante du président des sextuples champions de France.

Un président bien bavard

Régulièrement remonté contre l’arbitrage, les dirigeants de l’équipe de France, la Ligue de football professionnel, Jean-Michel Aulas n’en est pas à sa première polémique. Son impopularité grandit, mais sa stratégie de communication n’est pas si mauvaise puisqu’on parle de son club. Cette fois pourtant, son argumentaire n’apparaît pas convaincant et surtout ses propos demeurent contradictoires. "L’OL, contre vents et marées, s’acharne à vouloir gagner. Dans l’adversité, il est capable de résister, de gagner. Par le passé nous avons déjà gagné des titres en étant dans diverses situations. Ce n’est donc pas une situation nouvelle aujourd’hui. Montrons dans les matchs qui restent nos qualités mentales, cette culture de la gagne. Il ne faut pas être égoïste dans ces moments. La réussite passe par la volonté collective d’y arriver. Nous remporterons ainsi un septième titre de rang et éventuellement la Coupe de France" clamait-il en début de semaine sur le site officiel du club. En quelques heures, ces qualités lyonnaises auraient-elles brusquement disparues ?

Des contradictions

Clamant haut et fort depuis le début de la saison que l’équipe visait le doublé coupe-championnat, il aurait oublié en quelques jours un objectif qu’il rappelait après la victoire difficile des champions de France face à Metz en quarts de finale (1-0). Le président lyonnais serait donc prêt à abandonner si près du but simplement pour protester contre le calendrier ? Les moyens du club ne sont pourtant pas limités, pas plus que son effectif. Et ce ne sont pas trois matchs en à peine une semaine qui devrait faire peur aux sextuples champions de France, habitués aux cadences infernales notamment imposées par la Ligue des champions. La communication lyonnais apparaît donc inutilement alarmiste. D’autant plus que lors de cette fameuse 37e journée lors de laquelle Lyon recevra Nancy, le titre pourrait d’ores et déjà être joué.

Malgré la motivation des joueurs à remporter cette Coupe de France, notamment exprimée par Mathieu Bodmer qui estime que "le doublé est maintenant dans toutes les têtes" et selon les propos d’Alain Perrin qui fera une croix sur la Coupe si son président lui demande, respectant ainsi ses engagements de "salarié" du club, c’est donc une équipe très expérimentale qui pourrait évoluer face à Sedan. De quoi exacerber le sentiment de manque de respect de ses adversaires. "Malgré tout le respect que j’ai pour l’Olympique Lyonnais, à un moment, il ne faut pas se prendre pour ce qu’on n’est pas. Ce n’est pas le président de la République, ni le pape, c’est uniquement M. Aulas, président de l’OL. Il faut qu’il arrête de me casser les pieds !" tempêtait José Pasqualetti en début de semaine. À trop en vouloir pour aider son club, Jean-Michel Aulas pourrait avoir provoqué l’effet inverse. Mais encore une fois, l’OL aura été au centre des préoccupations pendant plusieurs jours...

Marie Ange Kostoff

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