vendredi 16 mai 2008


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Micoud soigne sa fin de carrière
La Page des Sports - Le 24 février 2008

Si, cette année, il y avait déjà du mieux par rapport à la saison dernière, Johan Micoud a démontré à Monaco le week-end dernier qu’il comptait bien finir sa carrière sur une bonne impression. Le meneur de jeu bordelais a été étincelant, s’offrant un doublé et une passe décisive. Les Girondins pourrait bien profiter de son retour en forme dans la lutte pour le titre.


En une saison et demie, il n’avait jamais connu ça. Pas une fois, depuis son retour à Bordeaux en juin 2006, Johan Micoud n’avait réussi à marquer et à donner une passe décisive dans un même match de championnat. S’il avait scoré à cinq reprises et offert trois réalisations à ses partenaires en 2006/2007, jamais il n’était parvenu à combiner les deux. Cette saison, avant le match de son équipe à Monaco dimanche dernier (6-0), il ne comptait que deux réalisations à son compteur (à Paris et à Nice) et qu’une seule passes décisive (à Metz). En une rencontre, il a doublé son capital buts et en a offert un autre à Marouane Chamakh. Ou comment Johan Micoud s’attache à soigner sa fin de carrière.

Car à Monaco, il a tout simplement réalisé son meilleur match depuis son arrivée en Gironde. D’aucuns diront qu’il n’était pas difficile de faire mieux que lors de ses 20 derniers mois passés sous le maillot au scapulaire. Mais le meneur de jeu marine et blanc a semblé retrouver ses jambes de vingt ans l’espace de 90 minutes. S’il a été, à l’image de son équipe, bon sans être transcendant en première période, il a éclaboussé le match de son talent après le repos. Il a d’abord subtilement embarqué toute la défense monégasque en laissant passer le ballon entre les jambes pour Fernando Cavenaghi qui, derrière, avait tout loisir d’ajuster Flavio Roma. C’est ensuite lui qui profita d’un ballon errant dans la surface pour déchirer les filets azuréens. C’est encore lui qui déposa un amour de coup franc sur le pied de Marouane Chamakh pour le quatrième but bordelais. Et c’est lui, enfin, qui fut cette fois à la réception d’un caviar de l’attaquant marocain. Johan Micoud se retrouve donc impliqué sur quatre des six ( !) buts girondins à Louis II, une statistique à l’image de sa performance : éloquente.

De nouveau décisif

"C’était jouissif" déclara-t-il d’ailleurs après la rencontre. Comme s’il avait jusqu’alors perdu le bonheur d’être décisif. Décisif, il l’avait pourtant été à plusieurs reprises la saison dernière. On pense notamment à ses matchs à Lyon ou face à Sochaux (un but à chaque fois). Pas sûr, en revanche, que le bonheur ait été pour lui un sentiment familier en 2006/2007. Il est de notoriété publique que ses relations avec Ricardo, l’entraîneur bordelais d’alors, n’avaient pas été au beau fixe durant leur année de collaboration. Rarement – pour ne pas dire jamais – le technicien brésilien avait manifesté une quelconque satisfaction à posséder le milieu international (17 sélections) dans son effectif, et sa tendance à le balloter un peu partout sur le terrain (voire sur le banc de touche) avait été grandement contribué au malaise ressenti par son meneur de jeu. L’arrivée au poste d’entraîneur de Laurent Blanc, que Micoud a fréquenté en Équipe de France, semble avoir clairement changé la donne. Ultra partisan de l’offensive, le Cévénol dispose en la personne de Micoud d’un joueur capable de poser le jeu et d’apporter une touche technique essentielle au bon fonctionnement de son dispositif.

Un dispositif la plupart du temps basé sur un milieu en losange, proche de ce que Micoud avait connu du temps où il évoluait au Werder Brême, là où il a sans doute réalisé ses meilleures années (ndlr : 31 buts inscrits de 2002 à 2006). En Allemagne, celui que l’on surnommait le "Zidane de la Weser" avait, il est vrai, tout lieu d’exploiter son potentiel technique. Avec la triplette de milieux Frings-Baumann-Borowski chargée de ratisser le moindre ballon, il était entièrement délesté des charges défensives et pouvait se consacrer à offrir des buts à la paire Klasnic-Klose. À Bordeaux, c’est Alou Diarra qui est dévoué à la récupération, tandis qu’Alonso et Wendel se chargent de lui rendre propres chacun des ballons qu’il reçoit. Avec l’ultra-technique Cavenaghi et le remuant Bellion positionnés devant lui, Micoud possède actuellement les armes pour finir sa carrière en beauté. Il a en effet annoncé qu’il raccrocherait les crampons à l’issue de la saison, mettant ainsi un terme aux rumeurs qui affirmaient que son contrat prévoyait une année optionnelle supplémentaire. S’il renouvelle sa performance de Monaco, gageons que beaucoup regretteront cette décision.

Vincent Romain

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