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"Gagner tout simplement !" Gaël Monfils est clair dans ses objectifs. Avant même le début du tournoi de Roland-Garros, il les affichait d’ailleurs avec une assurance étonnante. Notamment au vu des derniers mois de compétition du jeune joueur. Certes vainqueur du tournoi challenger de Marrakech en mai dernier et de plus en plus à l’aise sur la terre battue, le Parisien naviguait dans le flou depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, marqués par les blessures (poignet gauche, tendon rotulien, microdéchirures aux adducteurs).
Pas de quoi imaginer qu’il serait le dernier joueur tricolore en lice à Roland-Garros et un quart de finaliste convaincant. Physiquement, Gaël Monfils est en forme. Très sec et bien préparé, il tient le choc. En témoigne son match face à Jürgen Melzer, disputé en cinq sets (4/6, 7/5, 4/6, 6/0, 6/2), comme celui face à Ivan Ljubicic lors duquel il lui a fallu faire face aux puissants services du Croate et à de violents échanges de fond de court. "Mon kiné est venu m’aider, il est à mes côtés tout le temps, il me gère un peu plus, il gère mon alimentation aussi. Il a un rôle assez important et complémentaire" expliquait-il ainsi après sa victoire en huitièmes de finale (7/6(1), 4/6, 6/3, 6/2).
Un jeu adapté
Bien mieux dans son corps, Gaël Monfils arrive de nouveau à être bien sur le court et dans son jeu. Et le résultat ne s’est pas fait attendre, notamment face à des joueurs très dangereux sur la surface comme Ivan Ljubicic. "Il y a un peu de tout dans le jeu de Gaël. Par moments, il endort l’adversaire. À d’autres, il l’attaque. Ça fait plaisir de le voir s’éclater autant, après des mois à manger de la vache enragée" constate d’ailleurs Guy Forget dans les colonnes du Parisien. L’impression a été la même à chacune de ses sorties : le Francilien arrive à adapter son jeu à son adversaire et à chaque fois à opposer puissance et variété dans le jeu. Ses frappes paraissent plus libérées et efficaces et son jeu de défense reste d’une solidité essentielle. Quant à sa présence à la volée, elle est particulièrement impressionnante, son envergure se faisant particulièrement utile dès qu’il monte au filet.
Monfils a passé un cap
Tactiquement, Gaël Monfils semble également avoir mûri. Toujours aussi combatif, il perd toutefois beaucoup moins d’énergie entre les points et préfère rester concentré sur ses objectifs et sur son jeu. "Encore une fois, on arrive en quart de finale, on peut être très content, mais l’objectif n’est pas atteint. C’est super, on a gagné un match de plus, mais il en reste encore quelques uns à gagner pour atteindre l’objectif. Il n’y a pas de quoi se réjouir" confiait-il simplement après sa victoire hier face à Ivan Ljubicic, sans s’enflammer.
Entre la détermination et l’éparpillement, Gaël Monfils a fait son choix et cherche désormais davantage à canaliser l’immense énergie qui l’anime dans son jeu plutôt que dans une extériorisation exagérée. Ses résultats s’en ressentent, même s’il avoue lui-même qu’il n’est pas encore au maximum de son potentiel. Mais face à David Ferrer, spécialiste de la terre battue, il lui faudra passer un cap supplémentaire.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |