vendredi 16 mai 2008




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Tennis - ATP
Retour sur l’Open 13
Murray, dernier roi d’Écosse
La Page des Sports - Le 18 février 2008

Vainqueur du cinquième titre de sa jeune carrière, ce week-end à Marseille, Andy Murray a prouvé qu’il faudra compter encore plus sur lui cette année. Absent l’an dernier de Roland-Garros et de Wimbledon à cause d’une blessure au poignet, l’Écossais peut compter sur son jeu atypique pour faire une très grande saison.


Les médias français se délectaient à l’avance d’une possible revanche entre Jo-Wilfried Tsonga et Novak Djokovic en finale de l’Open 13. Mais battus, au premier tour pour l’un et au deuxième pour l’autre, les deux favoris, en petite forme, ont laissé leur place à Andy Murray et Mario Ancic. Lors d’un tournoi Marseillais très relevé, avec trois joueurs du top 10, le Britannique et le Croate ont joué un tennis de très haut niveau avant de s’affronter en finale.

Vainqueur de Stanislas Wawrinka, de Nicolas Mahut et de Paul-Henri Mathieu aux tours précédents, Andy Murray avait déjà réalisé une belle semaine. Mais battre en finale Mario Ancic (6/3, 6/4), numéro 7 mondial en juin 2006, ajoute encore un peu plus à la performance du Britannique tant le niveau joué par le revenant croate cette semaine était impressionnant. Le natif de Split, 135e mondial avant l’Open 13 en raison d’une saison 2007 marquée par une mononucléose et une blessure à l’épaule, venait tout de même de battre, entre autres, Jo-Wilfried Tsonga et Marcos Baghdatis, sans perdre un seul jeu de service.

Une qualité de jeu critiquée

En breakant trois fois le redoutable serveur dalmate pendant la finale, Andrew Murray a fait taire les critiques dont il est souvent victime. Décrié pour son jeu trop défensif, il a montré que son sens tactique et ses qualités de relanceur avaient toute sa place dans le tennis moderne. "Il a fait un match parfait. Au final, la différence est énorme, tout le mérite lui en revient", avait indiqué Paul-Henri Mathieu, après une demi-finale durant laquelle il n’avait pu inscrire que six points sur le service de l’Écossais.

Blessé au poignet lors du premier tour du Master Series d’Hambourg 2007, Andy Murray vit un début de saison fructueux avec deux titres remportés, Doha et Marseille, en trois tournois disputés. Sa qualité de jeu actuelle, il la doit en partie à Louis Cayer, entraîneur québecois de la Lawn Tennis Association (LTA), la fédération britannique de tennis. Ce dernier, qui s’occupe à temps partiel du Britannique depuis l’éviction de Brad Gilbert, a permis au jeune joueur de retrouver le jeu qu’il pratiquait avant sa blessure : "Andy avait perdu le feeling de ses coups", indiquait l’entraîneur montréalais. "Son coup droit était devenu plus défensif parce qu’il voulait ménager son poignet. Il avait ainsi perdu la lourdeur de ce coup et cela affectait tout son jeu, notamment ses frappes en déplacement".

Et Andy Murray aura besoin de son meilleur tennis pour concrétiser toute l’ambition que peut avoir un joueur de 20 ans aussi talentueux. Car si le Britannique est le seul joueur actuel du circuit ATP à se vêtir en Fred Perry, c’est bien qu’il souhaite suivre le parcours de son illustre ainé. Huit fois vainqueur d’un Grand Chelem dans les années 30, Frederick John Perry est le dernier Britannique à avoir remporté Wimbledon en 1936. Le retour en grâce d’Andrew Murray fait déjà espérer le public, qui cherchait un successeur à Tim Henman depuis la retraite du Gentleman Tim l’été dernier... et qui rêve surtout d’une première victoire nationale sur le Centre Court du All England Lawn Tennis Club depuis plus de 70 ans.

Yann Fernandez

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