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"Avec Marc Lièvremont et Émile Ntamak, nous accordons la même importance aux valeurs humaines et Lionel Nallet est un fédérateur de nos valeurs", le compliment de Didier Retière, entraîneur des avants français, a de quoi faire rougir le nouveau capitaine des Bleus. Choisi unanimement par les trio d’entraîneurs, le Castrais a aujourd’hui la lourde tâche de faire oublier trois monstres sacrés du rugby français, Fabien Pelous, Raphaël Ibanez et Fabien Galthié, qui avaient quasiment récupéré tous les capitanats du XV de France depuis 1997.
Pour se démarquer de ses prédécesseurs, Lionel Nallet joue la rupture. Si souvent employé ces derniers temps, ce mot colle néanmoins tout à fait avec la façon dont le colosse, 1m95 pour 115 kilos, aborde son nouveau rôle. Moins aboyeur que ses aînés, le deuxième ligne se fait plus discret qu’eux sur le terrain. "Il y a des matchs où je ne dis quasiment rien parce qu’il n’y a rien à dire, qu’il y a des choses qui se sentent, que tout le monde est complètement mobilisé et qu’il n’y a pas grand chose à dire de plus", confirmait-il à Sport.fr avant le début du Tournoi. Étonnement, face aux Anglais, c’est d’ailleurs Morgan Parra, 19 ans, que l’on a vu motiver le plus les troupes tricolores.
Un homme de terrain
Dans le jeu par contre, c’est bien Lionel Nallet qui a sonné la révolte du XV de France. Menés 0-10, les Bleus ont poussé leur capitaine dans l’en-but adverse pour recoller au score. "Il a une dimension humaine exemplaire et sur le terrain, il avance tout le temps. Il peut rivaliser avec n’importe quelle deuxième ligne du monde", s’enthousiasmait ainsi Didier Retière avant France-Angleterre. Jouant dans l’intégralité les trois rencontres de son équipe durant le Tournoi, le néo-capitaine est surtout remarquable pour sa présence défensive de tous les instants. Plaquages à répétition, travail de forçat dans les regroupements, utilité dans l’alignement, l’équipe de France 2008 est chanceuse d’avoir un grand Lionel Nallet. Ce dernier admet néanmoins qu’il pêche dans la mêlée, à l’instar de ces coéquipiers. "Les deux deuxièmes lignes, on a les épaules un peu hautes, le derrière en l’air. On n’est pas en bonne position pour pousser. Et donc il faut que l’on se concentre là-dessus, à l’entraînement et en match", révélait-il dans les colonnes de l’Équipe à l’issue de la victoire contre l’Irlande (26-21).
En accord total avec la politique de jeunisme amorcée par Marc Lièvremont, Didier Retière et Émile Ntamack, Lionel Nallet est le joueur chargé par le trio de exécutif sportif de mener la jeune garde vers la Coupe du monde 2011. "J’ai 31 ans. La prochaine Coupe du monde, j’irai sur mes 35 ans. J’ai la sensation actuellement que je peux encore jouer quatre ans. Après, l’avenir me le dira", indiquait-il avant Écosse-France. Après la déception qu’il avait essuyée lors du Mondial français disputé comme remplaçant, un voyage en Nouvelle-Zélande dans un peu plus de trois ans serait l’occasion pour le Castrais de jouer, cette fois à part entière, un second tournoi mondial. Le dernier.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |