vendredi 16 mai 2008




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Gros plan
Paul-Henri Mathieu remonte doucement vers les sommets
La Page des Sports - Le 21 février 2008

Deuxième meilleur joueur français au classement ATP, Paul-Henri Mathieu n’a pas encore réussi le coup d’éclat qui lui permettrait de se placer sous le feu des projecteurs. Mais il n’en reste pas moins un joueur qui a retrouvé de la solidité et postule désormais régulièrement aux honneurs.


Loin de la tempête médiatique qui a successivement touché Richard Gasquet, puis Jo-Wilfried Tsonga, Paul-Henri Mathieu fait son trou. Lentement mais sûrement, il revient sur le devant de la scène. Mieux, il parvient enfin à atteindre une partie des objectifs qu’il s’était fixé en 2002, alors qu’il avait remporté les tournois de Lyon et de Moscou et portait les espoirs du tennis tricoloree. Désormais 16e joueur de la planète, devant Jo-Wilfried Tsonga, il n’a certes toujours pas franchi de palier lors des tournois du Grand Chelem, ne dépassant jamais les huitièmes de finale, mais il a retrouvé le chemin de la stabilité et de la régularité.

S’il figure aujourd’hui parmi les vingt premiers mondiaux, le Français le doit notamment à une saison 2007 rondement menée, qu’il prolonge aujourd’hui avec délectation. Deux tournois remportés à Gstaad et à Casablanca, une finale à Moscou perdue d’un cheveu face à Nikolay Davydenko, deux demi-finales à New Heaven et à Estoril, Paul-Henri Mathieu prouve depuis plus d’un an qu’il est sur le chemin d’un retour vers les sommets.

De la régularité

Ses récentes performances à Adelaïde où il a atteint les quarts de finale, ou à Marseille où il faisait partie du dernier carré, ont un peu plus confirmé cette impression générale. Son physique le laisse souffler, et le mental a retrouvé de la force. De quoi fortement imprégner son jeu qui a ainsi retrouvé de la puissance et de la profondeur, et fait de nouveau mal à ses adversaires en difficulté pour contrer un jeu de fond de court très solide. Avec les performances et un bon de quasiment 40 places au classement ATP en un peu plus d’une saison, les ambitions renaissent donc pour Paul-Henri Mathieu. "J’aimerais bien jouer dans les Grands Chelems, aller loin dans un ou deux d’entre eux. Et également monter au classement et me rapprocher des dix premiers. Je pense en avoir les capacités", assure le deuxième meilleur Français au classement ATP. Ses résultats à l’Open d’Australie notamment (ndlr : un huitième de finale perdu sur abandon face à Rafael Nadal), lui ont déjà démontré qu’il était sur la bonne voie.

Progresser et s’adapter

L’Alsacien reste toutefois conscient qu’il lui reste un palier à franchir avant d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé et cette fameuse place parmi les dix meilleurs joueurs de la planète. Il l’a notamment entrevu lors de sa demi-finale de l’Open 13 face à Andy Murray. "J’ai fait un très mauvais match, quasiment un non-match, il a fait un match parfait donc, au final, la différence est énorme, tout le mérite lui en revient", avouait-il alors. Polyvalent, il arrive à présenter un niveau de jeu intéressant sur quasiment chacune des surfaces, mais semble avoir encore du mal à s’adapter à son adversaire et à trouver les solutions dès lors que le jeu qui lui est opposé est moins en rythme. Face à Andy Murray, il avait notamment souffert sur les variations d’effets et de longueur de balle de l’Écossais.

L’arrivée de Mats Wilander à ses côtés devrait toutefois lui permettre de corriger ce problème. "À 26 ans, c’est normal de vouloir faire un bon résultat en Grand Chelem. Mais lui ne se prend pas la tête avec ça. En revanche, bonifier son jeu et son attitude, ça l’obsède. Je suis vraiment excité, parce que quand ça va payer...", explique le triple vainqueur de Roland-Garros. "Pour moi, Paulo n’a pas de limite ! Et je suis sérieux. Il n’a pas été verni avec les blessures mais il sait tout faire. Je ne lui vois pas de réelle faiblesse." À lui de démontrer qu’il peut donc diversifier son jeu, pour franchir un nouveau palier et se hisser au niveau des meilleurs, qui savent s’adapter pour mieux contrer leur adversaire.

Marie Ange Kostoff

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